vendredi 21 octobre 2016

Comment définir une agression sexuelle?

Ce billet ne veut aucunement minimiser ou diminuer l'importance des dégâts physiques et moraux que peut causer une agression sexuelle. Il s'agit de questions que je me pose depuis longtemps et qui reviennent en mémoire à chaque fois que le sujet est d'actualité.

J'ai lu le texte d'Alice Paquet, cette jeune femme qui affirme avoir été agressée par un député libéral. Loin de moi l'intention de juger sa triste histoire, mais elle peut avoir amené, avec ses deux rencontres, une mauvaise interprétation par cet homme à qui elle semblait démontrer un certain intérêt.

Était-ce pour discuter, boire un verre, coucher ensemble, je ne le sais pas et ce n'est pas mes oignons. Est-ce que le député est un homme aussi violent qu'elle le décrit, ça aussi je l'ignore, mais je ne vois pas pourquoi je douterais de son témoignage surtout après 2 ans de silence.

Suite à ces révélations, plusieurs organismes qui défendent les victimes d'agression sexuelle profitent de la bombe médiatique que cette dénonciation a causée à l'Assemblée nationale pour expliquer leur rôle, qu'est-ce qu'une relation sexuelle avec consentement et le chemin qui reste à faire pour que les mentalités évoluent afin de diminuer le plus que possible le nombre de femmes victimes d'agression.

Parce que dans le quotidien, ça va plus loin qu'un simple macaron "Sans oui, c'est non".

Et ce billet n'est pas pour critiquer cette histoire, mais démontrer qu'en matière de sexualité, les hommes et les femmes ne se comprennent pas toujours.

Chez sa victime, les dégâts causés par une agression sexuelle sont une cicatrice à vie, alors je me demande comment un homme ordinaire pourrait distinguer un consentement d'un refus quand celui-ci n'est pas clair comme oui et non.

Je ne comprends pas quel plaisir, autre que le sentiment de supériorité et de pouvoir, un homme peut avoir en molestant une femme qui refuse une relation sexuelle avec lui.

S'il faut apprendre aux ados et aux jeunes adultes que nous ne vivons pas dans la porno où la femme est à poil quelques minutes après sa rencontre avec l'homme et qu'ils ont une relation sexuelle satisfaisante, j'espère que les hommes de mon âge font la différence.

Une panoplie de maladie mentale peut expliquer ce besoin de supériorité et de domination, mais à la place de battre une femme avec ses poings, il faudrait que les hommes travaillent à reprendre la place qu'ils ont abandonnée au profit des femmes dans la société québécoise (regarder le ratio de finissants versus finissantes) et cela ne se fait pas avec des claques sur la gueule, mais avec de l'éducation, du travail et du vouloir.

À chaque fois qu'un cas d'agression sexuelle apparaît dans les médias, je me pose la même question, qu'est-ce que le consentement?

Si un homme (ou une femme) invite une femme (ou un homme) chez lui (chez elle) ou dans sa chambre d'hôtel, devrait-elle aussitôt la porte franchie lui spécifier qu'il n'aura pas de sexe avec elle?

S'il y a des rapprochements, des caresses, déshabillement, etc. comment voulez-vous qu'un homme devine que la femme ne veut pas, si tel est le cas, d'une relation sexuelle complète?

Arrive-t-il si souvent, pendant que l'homme enfile un condom et que la femme est nue et couchée à côté de lui, que cette dernière ne veut soudainement plus qu'il la pénètre?

Dans ces deux derniers exemples, je me dis que si l'homme continue ou se fait insistant malgré l'opposition de la femme, il s'agit d'une agression sexuelle, mais comment un homme peut-il savoir que la femme ne veut plus continuer quand elle est dévêtue ou le stimule?

Oublions quelques instants les maniaques, les obsédés sexuels, les dérangés dans la tête qui ont une pathologie de violence ou ont des relations sexuelles qu'en utilisant la violence, et limitons-nous à un homme bien ordinaire qui a du sexe avec des femmes.

Comment un homme peut-il deviner si sa partenaire ne veut plus continuer?

Avant d'en arriver à la relation sexuelle, j'ose croire qu'il y a des indices, des gestes, des regards, des sous-entendus que souvent les hommes ne décortiquent pas ou mal. Ou, du moins, être clair dès le début que la rencontre a pour but de coucher ensemble.

Il est faux de prétendre qu'une femme qui accepte de boire un verre ou de souper avec un homme conclut la soirée dans la chambre à coucher. Ça peut arriver, bien sûr, mais il faut être déconnecté ou malade pour ne pas discerner cela.

Donc ma question est : faut-il que la femme affirme dès les premières minutes de la rencontre que c'est non, que les deux individus remplissent un contrat 3 copies ou laissent aller selon le feeling de la rencontre? Parce que selon les intervenants à la télévision, ça semble être très simple.

Les femmes ne devraient pas attendre à la dernière minute avant d'affirmer ce qu'elles veulent si la rencontre se dirige vers une relation sexuelle. Malheureusement, un refus n'arrêtera un agresseur.