mardi 28 juin 2016

Qu'est-ce qu'un mandat de grève?

La question peut sembler simple, mais les médias autant que la population ne font pas la différence entre obtenir un mandat de grève et déclencher une grève.

Voici les résultats du vote des unités urbaines et rurales. Bizarrement, l'unité rurale a 3% de moins que l'urbaine et ce sont eux que le syndicat cherche à ramener le plus proche que possible des avantages et du salaire des membres de l'unité urbaine.

Je comprends la cause, ces gens font le même travail que moi et dans des conditions pas toujours évidentes comme l'hiver, les mauvaises conditions routières dues à un déneigement médiocre.

Quoi qu'il en soit, les médias mélangent grève et mandat de grève.

Le syndicat a demandé et obtenu de ses membres un mandat de grève fort afin de mettre plus de poids dans la balance des négociations. Ce vote indique au syndicat National que leurs membres des deux unités de négociations sont prêts à aller en grève pour garder certains acquis et faire des gains, par exemple, sur les conditions de travail et le salaire.

Là où le monde mêle tout est que le mandat ne se conclut pas obligatoirement par une grève. Si les deux parties négocient, elles n'ont aucune raison de déclencher une grève ou un lock out.

La définition est simple : un mandat de grève donne le droit au syndicat National de déclencher une grève s'il en juge nécessaire. Cela ne veut pas dire que ça va arriver.

Et comme tout le monde, je ne souhaite pas un conflit de travail. Juste les rumeurs ont fait assez mal à Postes Canada.

lundi 27 juin 2016

Possibilité d'un conflit de travail à Postes Canada : deux philosophies différentes

Ne vous trompez pas, je ne vous parle pas de l'employeur ni du syndicat, mais des milliers de gens qui sont en cause : les employé(e)s.

En 2011, j'étais l'un des deux membres du comité de grève de la section locale de Québec. En 2016, je ne travaille plus avec l'exécutif ce qui me permet de mieux observer et écouter les commentaires des gens.

En 2016, j'ai constaté qu'il y a 2 pensées distinctes. La première est celle qu'ils ont tout perdu en 2011 et qu'il faut signer immédiatement la première offre globale parce qu'on a obtenu moins en refusant la première offre de 2011. La deuxième est celle qu'ils ont souvenir de 2011 et se reprendront en 2016.

Dans les deux cas il ne faut pas tomber dans les excès, éviter de signer n'importe quoi et éviter de ne rien céder sous prétexte de "plus aucun recul".

Cela peut paraître méchant, mais je ne veux pas faire les frais des revendications des FFRS. Chacun son combat.

Il y a plusieurs points en litige dont voici l'énumération du syndicat et voici l'offre de l'employeur pour l'urbain et les FFRS.

Des retraités nous font la morale avec les grèves des années 80 et la dernière de 1997 en précisant qu'ils se sont battus pour garder leurs acquis, faire des gains et qu'ils feront pareil si Postes Canada décide de toucher à leur fond de pension. Cependant, ils constateront bien vite que ça ne sera pas un combat facile et que si l'employeur décide de changer quelque chose, renverser la tendance sera complexe. 

Je leur souhaite bonne chance si cela devait arriver.

En 2016, près de 20 ans après la dernière grève (2011 était un lock out), la réalité a bien changée et les retraités ne semblent pas s'en rendre compte.

Penser que tout le monde est capable d'accumuler plusieurs mois de salaire au cas où un conflit de travail surviendrait est une déconnexion totale de la réalité. Les canadiens et les québécois sont endettés plus que jamais et plusieurs vivent avec l'attente de la prochaine paie.

L'Internet est l'alternative parfaite à la poste-lettre, les compagnies rivales peuvent livrer les colis de Postes Canada même si celui-ci est le plus grand distributeur de colis au pays et tant que les anciennes nominations conservatrices seront à la direction, le carnage postal continuera.

Mais attention, un gouvernement libéral ne veut pas dire qu'il accordera tous les privilèges aux syndiqués. Déjà qu'il recule avec leur promesse du rétablissement de la livraison à domicile aux endroits dont les boîtes postales communautaires ont été installées, cela n'augure rien de bon.

La consultation publique est une grande mascarade pour mieux faire passer que Postes Canada n'est pas rentable (ce qui est faux, 18 années d'excédents en 20 ans). Spécifions que les personnes âgées, par exemple, dont le système postal est très important, n'iront pas écrire leur avis sur le site Internet de la consultation

Est-ce que ce même gouvernement laisse aller la négociation et un éventuel conflit de travail pour trouver sa raison de congédier Deepak Chopra qui a refusé de démissionner à la demande du gouvernement libéral et dont le contrat a été renouvelé jusqu'en 2020 par les conservateurs? 

La politique n'a pas de cœur et tout ce qui se passe est hautement politique. Ça peut être une hypothèse.

Malheureusement, ce n'est pas moi qui voit le fruit de mes efforts récompensés puisque la fameuse p.r.é (prime de rendement d'équipe) instaurée par Moya Greene, ancienne PDG de Postes Canada, n'est plus distribuée aux employé(e)s depuis plusieurs années tandis que les hauts-dirigeants continuent à bénéficier de salaire dans les six chiffres plus leurs primes.

Sans les membres du STTP qui distribuent le courrier et offrent un service personnalisé à chaque client (enfin, moi je le fais), comment ces mêmes dirigeants feraient pour recevoir leurs primes? Pourquoi un pourcentage d'augmentation de salaire aussi bas? 

Je le réécris, en 2016, un conflit de travail ferait très mal à Postes Canada qui aurait beaucoup de difficulté à s'en remettre. J'espère que les deux parties sont conscientes que ce n'est pas la solution. Qu'ils négocient et ça prendra le temps que ça prendra.

Est-ce qu'un conflit prépare le chemin pour une éventuelle privatisation? Encore là, pour vendre, il faut que le produit soit intéressant et non pas en morceaux.

Le 2 juillet, les deux parties auront l'opportunité de déclencher une grève ou un lock out.


lundi 20 juin 2016

Mon avis sur l'éventualité d'un conflit de travail

Depuis fin 2015, Postes Canada et le syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) négocient une nouvelle convention collective.

Les demandes de l'employeur sont presque de réécrire la convention collective actuelle et d'éliminer toutes sortes d'avantages acquises au fil des années de négociation.

De son côté, le syndicat désire amener la convention collective des facteurs et factrices ruraux et suburbains (ffrs) proche de celle des urbains autant en salaire qu'en avantage de toutes sortes, garder des acquis et ajouter certains points importants à ses membres (tous refusés par l'employeur).

Les urbains sont les facteurs à pied en ville et les ffrs sont les facteurs qui utilisent leur véhicule pour distribuer le courrier dans les zones rurales.

Les deux parties voit la réalité autrement. Il y a Postes Canada qui croit que le travail de facteur est facile et qu'il peut encore augmenter la tâche de travail de ses employés. Même si le jugement des gens est que le facteur termine sa route à midi, ce n'est qu'une question de temps pour que le corps, soumis à toutes les températures extérieures, aux poids des circulaires et des colis dont les volumes augmentent constamment et l'âge, commence à faire apparaître diverses blessures.

Je ne crois pas que la convention collective des ffrs rejoindra un jour entièrement celle des urbains. Jamais l'employeur n'acceptera cela. Et si cela arrive, j'espère que ces membres paieront les mêmes cotisations syndicales mensuelles que les urbains. Il ne peut pas y avoir que des avantages à vouloir s'inspirer des facteurs urbains.

J'espère que l'argent n'est pas la motivation cachée du syndicat.

Postes Canada ne semble pas voir les alternatives pour augmenter et diversifier ses revenus. Il n'a qu'une seule idée en tête et c'est de couper par attrition son nombre d'employés et leurs avantages. Aucune nouvelle source de revenus n'est explorée.

Le gouvernement actuel, comme tous les gouvernements, va sûrement renier sa promesse de maintenir la livraison à la porte. Il va simplement agir différemment. Il a mit en place un comité de consultation pour les canadiens qui veulent répondre à la question hebdomadaire sur l'avenir de Postes Canada.

Quoi qu'il en soit, en 2016, un conflit de travail nuirait considérablement à l'entreprise et ça, j'espère que les deux parties en sont conscientes. Il y a tellement d'alternative à la poste-lettre ou à la livraison de colis qu'il sera pénible de regagner une fois de plus la confiance des canadiens puisqu'on passerait pour des bébés gâtés toujours en grève sans que ces mêmes canadiens sachent vraiment la réalité quotidienne.

Le temps de se remettre compétitif et la prochaine convention serait échue et le pattern recommencerait.

Je ne dis pas qu'il faut garder le statu quo, ça serait renier l'évidence que la poste est en plein changement, mais est-ce que les deux parties tentent vraiment de trouver une alternative avantageuse pour chacune ou tirent-elles la couverte de son bord en restant sur ses positions?

Malheureusement, rien ne sort de ces rencontres et les prochaines informations seront celles pour voter au sujet d'une entente de principe ou d'un retour au travail forcé malgré la loi qui invalide ceci.