lundi 28 décembre 2015

La différence entre chialer et exprimer son opinion

J'ai toujours eu (et j'ai encore) l'étiquette de chialeux.

Quelle est la différence entre chialer et s'exprimer, donner son opinion? Je vais tenter de répondre à cette question.

Chialer c'est critiquer n'importe quoi pour n'importe quelle raison. C'est exprimer son désaccord ou son désappointement sans véritable raison et arguments. 

Exemple

Je n'ai pas aimé ce restaurant.
Pourquoi?
Ça pue, c'est laid et la bouffe est dégeu.
Juste ça?
Oui.

Vous conviendrez qu'il n'y a pas d'arguments qui donnent du poids au fait que la personne n'a pas aimé ce resto. Chialer, c'est ce plaindre de quelque chose qu'on ne peut pas vraiment changer comme la température, les lois, la politique, etc.

Exprimer son opinion c'est de pouvoir dire le positif et le négatif des choses, mais surtout expliquer avec circonspection pourquoi certains aspects nous a déplus.

Exemple

Je n'ai pas aimé ce restaurant.
Pourquoi?
La serveuse nous a reçu avec politesse et affichait un joli sourire, mais j'ai reçu mon entrée en même temps que mon plat principal. Je ne sais pas si le problème vient de la cuisine ou d'elle, mais j'avais faim, je n'ai donc pas parlé. De plus, le poulet était froid et la salade n'était pas croustillante. Le décor, d'une autre époque, aurait besoin d'être rafraîchi et sa bande de tapisserie aux motifs floraux décollait du mur et blablabla.

Vous comprenez le principe, pas besoin de continuer à inventer un restaurant louche!

Ici, l'interlocuteur explique les points positifs et négatifs de sa visite à ce restaurant. On ne parle pas d'un blastage, mais d'une déception et d'une énumération des points qui devraient être améliorés.

Pourquoi les gens sont incapables de faire la différence entre chialer et exprimer son opinion?

Parce que la plupart des gens n'en ont pas d'opinions. Ce sont des moutons qui voient en celui qui donne son opinion un chialeux sur tout. Pour eux, tout est parfait, rien ne doit être changé et surtout, on ne doit pas le dire. Le jugement est encore plus sévère quand elle vient d'étranger qui ne connaisse pas l'interlocuteur.

On peut diriger des mollassons par le bout du nez tandis que ceux qui s'exprime, même s'ils n'ont pas réel pouvoir de changement ou décisionnel, restent allumés envers leur environnement et refusent de se laisser manipuler ou berner par la propagande.

Ce ne sont pas nécessairement des amateurs de radios d'opinions de Québec, même si cette radio est diversifiée quoique pas toujours intéressante. J'étais un auditeur assidu avant de trouver que leurs opinions devenaient prévisibles.

Cesser de juger ceux qui s'exprime. On a encore, sauf quelques individus incapable d'accepter les opinions et la critique constructive des autres, la leur dominant tout, le droit de s'exprimer librement sans tomber dans les attaques personnelles ou le dénigrement de la personne ou des lieux.

dimanche 20 décembre 2015

Cuba - Playa Cayo Santa Maria

Derrière le comptoir à l'accueil
C’est dans un grand lobby que vous accueille les gens de chez Playa Cayo Santa Maria pour faire votre check in. Puisque nous avions choisi le forfait Montecristo,  nous avons été retirés de la file pour nous diriger dans un petit bar où notre hôtesse nous a remis nos bracelets, carte du site et cartes pour la chambre.

Le personnel est serviable et aimable. J’ai toujours été répondu avec courtoisie et professionnalisme.

La chambre est propre et contient un petit bar avec une grosse bouteille d’eau, deux canettes de bières et deux de liqueur. Le lit est immense à l’inverse de la télévision. Mais ce n’est qu’un détail puisque on va à Cuba pour profiter du soleil, pas pour regarder les émissions à la télé. 

La chambre de bain aurait besoin de quelques rafistolages, mais elle convient parfaitement pour répondre à nos besoins. Cependant, il manque de serviettes et il serait à considérer d'inclure une ou deux débarbouillettes.

Le site n’est pas très grand, le tour est vite fait. Il y a plusieurs blocs pour les chambres, trois piscines dont seule celle du milieu fournie de l’animation comme de l’aquaforme dans la piscine (l’animateur est à l’extérieur et vous imitez ses gestes dans l’eau au rythme de la musique). 

À cet endroit, un snack bar ouvert 24 heures, une sorte de resto grill que nous n’avons pas essayé, un bar et un comptoir à crème glacée. Vous avez aussi un bar à proximité des deux autres piscines.

L’eau est claire et le fond de la piscine, dont plusieurs carreaux sont absents au fond, est quand même propre de résidus de sable.

J’ai remarqué qu’il y avait peu de serviettes étendues sur des couchettes, brimant ainsi quelqu’un qui voudrait utiliser la place, surtout si personne ne s’y couche de la journée. C’est un aspect que je déplorais au Mexique et en République Dominicaine, et qui m’a valu une prise de bec avec un autre couple qui avait substitué nos serviettes pour les leurs la seule et unique fois que nous avions réservé des couchettes en agissant comme tout le monde. Les plus belles places étaient toujours prises et souvent je ne voyais personne les utiliser de toute la journée, voire la semaine.

Une des 3 piscines

Le buffet El Teroso del Amirante est très limité dans ses choix. Matin, midi et soir, et à chaque jour de la semaine vous aurez toujours les mêmes mets à votre disposition. Pas besoin de vous dire qu’après 3-4 jours, cette redondance m’affectait et je mangeais parce qu’il fallait le faire pas parce que c’était bon ou diversifié. Ce n'était pas mauvais, mais redondant. 

Peut-être offrir une soirée thématique 2 ou 3 fois par semaine pourrait caser cette routine.

Nous avons essayé deux des quatre restaurants à la carte, le Romantico et le Garibaldi. Même si les critiques des gens mentionnent que le premier est meilleur que le second, j’ai préféré le Garibaldi. La serveuse ou le serveur vous propose l’achat d’une bouteille de vin, mais ce sera le seul achat proposé. 

Il y a l’attente de plus d’une heure pour effectuer vos réservations des restaurants à la carte dont la façon de faire doit être revue et corrigée. Offrir un ordinateur pour qu’on le fasse nous-même ou afficher sur les murs les restaurants et les heures disponibles pour que notre choix sont faits au lieu de parler pendant 30 minutes au préposé économiserait temps et attente.
J'ai faim, mais pas comme dans le livre que je lisais!

Cannelloni pas mal meilleur qu'à l'Académie! 

Un aspect que je déplore est le manque d’activité de fin de soirée et/ou nocturne. Vous pouvez boire un drink, une bière ou un verre de vin dans le lobby en attendant le début du spectacle au théâtre à 21 :30, mais quand celui-ci est terminé vers 22 :30 (bons danseurs et bons spectacles sauf le dernier qui n’était que tam-tam et danse de la pluie (à la deuxième chanson, la salle s’est vidée de moitié, j’ai apprécié les autres représentations)).

Donc, après le spectacle, vous pouvez passer le reste de la soirée au lobby à placoter et quelquefois écouter les musiciens donner un petit spectacle ou choisir le cigare room, que je n’ai pas essayé parce que je n’aime pas être emboucané, ou un autre bar, celui où nous avons reçu nos bracelets, mais c’est payant quoique selon notre guide lors de la rencontre de bienvenue, l’ambiance était incroyable. 

Ça n’a pas piqué ma curiosité.

Les îles sont isolées de l’île de Cuba. Il y a environ 1 :30 d’autobus à faire de l’aéroport de Santa Clara aux hôtels de Santa Maria dont au moins 40 minutes sur une longue route construite sur l’océan pour relier les deux îles. Les excursions sont toutes éloignés et dispendieuses. Par exemple, pour visiter La Havane, vous devrez utiliser la petite piste construite sur le long chemin et faire 45 minutes d’avion pour y aller et autant pour revenir. Ce n’est pas les 45 minutes qui me dérangeaient, mais ça ne me tentait pas de reprendre l’avion. Hormis les dauphins dont les bassins étaient aussi construit sur ce chemin, le reste était loin.
Huttes sur la plage

Huttes sur la plage

Vous avez un service de massothérapie, de sauna et de SPA. J’ai eu une surprise avec ce dernier. Je ne vous dis pas quoi, vous devrez le découvrir par vous-même!

Pour deux pesos par personne, vous pouvez utiliser l’autobus qui passe aux 45 minutes et visiter une coquette petite artère commerciale. C’est minuscule et si l’envie de manger, jouer aux quilles ou utiliser les services du SPA ne vous tente pas, vous serez déçu. Changez votre argent avant de partir, il y a une banque, mais elle ferme à 15 heures.

Comme nous expliquera un employé sur la plage dont le sable est doux et fin et l’eau de la mer merveilleusement turquoise, si nous avions voulu plus d’action, il fallait choisir Varadero. Pour moi, les complexes offerts à cet endroit sont trop tranquilles. Lire un livre pendant que je m’étends au soleil, ça peut faire pour les premiers jours, mais j’ai besoin de bouger par la suite, de voir des choses et cet aspect est absent.
L'océan à perte de vue

L'Internet n'est vraiment pas fiable et je pèse mes mots. Pour 2 pesos pour 1 heure, il faut se procurer une carte pour obtenir les codes d'accès pour se connecter. Le hic est que soit que ça ne connecte pas soit que ça déconnecte tout le temps. L'Internet à Cuba fait vraiment pitié.

C’est tout de même un bel endroit dont la tranquillité ne fait aucun doute. Il y a aussi un gym et j’oublie certainement quelques endroits, mais si vous cherchez le repos, je ne crois pas que vous serez déçu.

vendredi 18 décembre 2015

Faims - Patrick Senécal

Un cirque non conformiste débarque à Kadpidi, petite ville tranquille de vingt mille habitants. Dès la première représentation, plus rien ne sera pareil et l'enquêteur Joël Leblanc, résident de la place, reviendra, le temps d'une enquête, à son poste de sergent-détective aux Crimes contre la personne afin de découvrir le meurtrier.

Patrick Senécal a tout un talent de raconteur et peu importe l'épaisseur du roman, vous voudrez aller jusqu'au bout! Il a le don de torturer ses personnages par "en-dedans", de les amener dans un univers ténébreux et macabre.

J'ai adoré le fait que Senécal revienne avec des personnages qu'on peut attribuer à monsieur et madame tout-le-monde et non pas à des millionnaires blasés comme dans Le vide et Hell. com.

Je ne peux pas commenter Malphas, ça ne m'attire pas et ne m'intéresse pas.

J'aime aussi quand l'auteur utilise des entités ou des régions connues du Québec et qu'il y met son grain de sel parce qu'il réussît toujours à m'accrocher à son histoire.

Faims est divisé en 3 parties et la faim qui nous tenaille, pas celle que nous ressentons quand nous devons nous sustenter, mais celle de vouloir réussir quelque chose qui manque à notre vie ou gruge notre existence, remplace le fameux aller jusqu'au bout (même si l'auteur ne peut s'empêcher de le mentionner à un moment donné dans un contexte moins important).

La première partie m'a semblé interminable. Senécal y décrit la vie de famille de Leblanc et ce qui ne fonctionne pas entre Leblanc et Martine, sa conjointe des 20 dernières années et la mère de ses deux enfants. Évidemment, c'est de nature sexuelle. Tout tourne souvent autour du sexe dans les livres de Senécal.

Je ne peux m'empêcher de penser que c'est parce que c'est lui, un auteur reconnu, qui vend des livres et qui a du succès (et j'en suis bien content pour lui) que cet aspect passe, qu'il peut décrire des scènes sexuelles autant qu'il le désire, il en a le droit. Personne ne lui dira que les problèmes de ses personnages dans ses histoires gravitent trop autour de déviances sexuelles. Si on lui dit, il peut quand même utiliser son droit d'auteur pour faire ce qu'il en veut.

Il y a aussi l'arrivée du cirque Humanus Circus et la description du premier spectacle.

Quand la deuxième partie enchaîne, l'enquête pour meurtre est captivante. Leblanc et Castonguay forment un duo d'enquêteur auquel je me suis accroché. Même les quelques blagues niaiseuses de Leblanc à son partenaire un peu trop sérieux m'a fait sourire. L'enquête, les intrigues, et tout ce qu'il peut y avoir dans un polar nous est intelligemment rendu.

Dans cette partie, on apprend qui sont vraiment les membres du cirque, leur passé, comment ils se sont connus, etc. À part l'un d'entre eux qui représente désormais un personnage important de l'univers de Senécal, tout le monde a des problèmes à caractère sexuel.

Tous? Non. Le seul autre personnage dont les problèmes sexuels ne l'ont pas amené à se joindre au cirque possède un passé qui n'est pas crédible. Des événements inventés lors du printemps érable, ça aurait pu coller, mais j'ai trouvé cela exagéré. J'ai compris plus tard pourquoi ce personnage avait un tel passé, l'auteur en avait besoin dans sa troisième partie.

Justement, à la troisième partie, un rebondissement n'attend pas l'autre. Sauf que la conclusion m'a laissé perplexe. Je me suis dis que ça ne pouvait pas finir aussi facilement. Il manque des éléments ou de la rigueur. Les efforts de l'enquêteur envers sa propre faim (je ne veux pas trop en dire pour ne pas vous révéler des détails) ne pourraient sans doute pas contourner la compétence des sergents-enquêteurs de la SQ ou autres entités judiciaires et pourtant, un aspect de la conclusion me titille encore par son incohérence et sa irréalité.

Quoi qu'il en soit, j'ai aimé ma lecture de Faims et si c'est possible, j'aimerais bien revoir ce groupe de la SQ et les sergents-détective Leblanc et Castonguay mener une enquête dont cette fois, Leblanc ne serait pas le personnage principal. Ça pourrait être l'occasion de répondre à quelques questions que les lecteurs se poseront sur certains failles de la fin de Faims!