samedi 30 juin 2012

Ah, l'adolescence!

Mon fils aura 13 ans en août. Je vis une intense période d'adolescence et ce n'est pas reposant. Voici d'ailleurs les litiges quotidiens :


  1. Se laver : non, à 12 ans, prendre un bain ou une douche n'est pas in. Puer semble être la norme. Après 3 jours, vous vous imaginez bien que ça commence à sentir. Mon fils se complaît dans le dénigrement et le négativisme. Donc, si je lui dis de se laver, il pète sa coche en disant que je l'insulte. L'unique moyen que j'ai trouvé jusqu'à maintenant : lorsqu'il me demande quelque chose,  pour l'obtenir, il doit se laver. Ridicule, non?
  2. Changer de vêtements : ça non plus ce n'est plus in. Il faut garder ses bas sales et troués pendant des jours. Il y a 4 paires de bas neufs dans le tiroir de sa commode, mais bien sûr, il a trouvé une raison pour ne pas les mettre (elles seraient trop serrées). Même si je répète que son linge doit aller dans le panier à lavage, il ne le fait évidemment pas. Non, je n'irai pas vérifier si les bobettes ou les bas ont été utilisés ou pas!
  3. La nourriture : manger comme s'il s'agissait du dernier repas. C'est-à-dire vider un gros sac de chips en une seule soirée, manger 3 puddings au chocolat et laisser traîner les pots vides, finir 2 canettes de jus Minute maid la même journée, manger des biscottes et du creton et laisser un peu de creton, juste pour faire semblant qu'il n'a pas tout mangé, utiliser les 30 tranches de fromages Singles en 3 jours ou moins, vider une boîte d'ailes de poulet pour un seul repas, boire un sac de lait en un avant-midi, etc. Comme vous le constatez, je n'ai pas nommé de fruits ni de légumes. Il m'appelle ou m'informe quand il mange une pomme ou une banane. Devrais-je lui décerner une médaille!? J'ai oublié de mentionner que la mauvaise nutrition combinée au manque d'effort égale problème de poids. Eh oui, papa est plus en forme avec son job et le dek!
  4. ne plus se coucher et ne plus se lever : hier, je me suis rendu compte qu'il était 3h du matin et que les lumières étaient encore ouvertes. J'ai donc lancé un appel à se coucher. Pourquoi croyez-vous qu'il se couche à cette heure? Parce qu'il s'est levé trop tard, 13 heures pour être précis. Oui, j'essaie de le lever, mais j'essuie des grognements et j'endure son caractère de cochon le reste de la journée.
  5. le dénigrement : je ne suis plus capable de l'entendre se rabaisser en se traitant de tous les noms (et pas les plus beaux). J'ai eu une bonne discussion avec lui cette semaine (pour les points mentionnés ici), et il m'a avoué qu'il était heureux dans le négativisme. J'essaie de lui faire comprendre que juste changer sa façon de penser lui amènera du positif. Faire un effort, ce n'est pas toujours évident. Beaucoup plus facile de se traiter de tous les noms, avoir le sentiment de se faire haïr par son mauvais comportement pour retourner se dénigrer. Si les lologues avaient vu et compris pour ensuite agir avec lui, j'en serai peut-être pas là. Au moins, il ne parle plus de la mort.


Alors voilà ce que je vis au quotidien depuis une dizaine de jours, pas évident. Je me demande souvent si j'avais eu une fille à la place d'un gars, est-ce que ça aurait été différent? Jamais je ne pourrai le savoir. Aurais-je dû avoir un autre enfant, prendre une chance qu'elle ou qu'il soit complètement différent ou me retrouver avec 2 fois plus de problème. Ça aussi je ne pourrais jamais le savoir.

mercredi 27 juin 2012

Le groom vert-de-gris


En 1942, Bruxelles est occupé par les nazis. L'hôtel Moustic, où travaille Spirou, a été réquisitionné par les Allemands. Fantasio travaille dans un journal dit de collabo. Les deux amis se reprochent leur trop grande proximité avec l'Occupant.

Pourquoi je parle d'une bande dessinée? Parce que je trouve particulier d'utiliser Spirou et Fantasio, deux personnages destinés à un large public, dans un univers de la Seconde Guerre mondiale.

Je trouve aussi particulier de voir ces morts, nazis ou résistants, à plusieurs pages ou cette Allemande en jarretelle qui désire coucher avec Spirou ou bien, dès le début, Fantasio qui écrit Mort aux boches à la peinture sur un mur. Bref, le caractère juvénile de la série n'existe plus.

Plusieurs personnages sont réutilisés comme Poildur, un jeune voyou amateur de boxer. Il révèle une planque aux Allemands en cédant sous la torture. On est loin de Eviv Bulgroz!

Il y a plusieurs clin d'oeil comme Obama écrit sur un tank américain ou Tintin qui fait son travail de reporter (celui là je l'ai trouvé sur un site) ou la maison de Pacôme de Champignac, mais pas aussi grande que celle que nous connaissons dans la série.

L'histoire n'est pas mauvaise, espionnage et contre-espionnage de Spirou ou Fantasio contre l'Occupant et le dessinateur respecte les armes et les technologies de l'époque. J'ai moins aimé le fait que les personnages ont gardé le look des premières bd (grand cou pour Fantasio par exemple), mais on finit par oublier ce détail.

Cette série est en parallèle avec Spirou et Fantasio et n'interfère pas sauf qu'après une cinquantaine de titres, ce peut-il que le tour soit fait? J'ai quand même aimé l'album qui retourne dans le temps, mais bon j'ai un faible pour les voyages dans le temps, les mondes parallèles et les personnages qui savent qui sont dans une histoire.

Acheter ce livre.

samedi 23 juin 2012

Côté blogue

Ne trouvez-vous pas que le site de blogueurs Côté blogue en arrache depuis quelques mois? Je n'irai pas par 4 chemins, les mises à jour sont rares et difficiles depuis le départ de Soizic.

Par exemple, lors de sortie d'un livre attendu, ça ne prenait pas 24 heures pour qu'une critique soit en ligne. Pour ma part, je pense à Contre Dieu, Pour en finir avec le gouvernemaman et l'État contre les jeunes.

Dernièrement, j'ai envoyé ma critique de l'essai de Pierre K. Malouf et ça a prit 48 heures avant d'être en ligne. Sans compter le système de carte-cadeau qui semble interrompu ou accuse du retard.

Peut-être que j'exagère, mais c'est le feeling que j'ai depuis quelques mois. Je ne serai pas surpris de l'annonce de la fermeture de ce site d'ici la fin de l'année.

lundi 18 juin 2012

Vainqueur malgré tout - Jean Lemblé


Début 1944, les lignes allemandes reculent sur tous les fronts. Les meilleurs soldats, les plus endoctrinés sont morts ou ont été fait prisonniers. L’Allemagne décide donc de choisir ses recrues parmi les pays occupés, dont la France, pour stopper l'avance alliée. Jean Lemblé, un alsacien de 18 ans, est enrôlé de force dans la Wehrmacht.

Les officiers donnent un entrainement intensif aux nouveaux soldats. Ces bourreaux, nommé « Papa Lang » font baver les recrues et ne leur donnent aucun répit. Les recrues endurent leur sort parce qu’elles ont l’intention de se rendre aux Russes, Américains ou Anglais dès les premiers combats.

Lemblé devait combattre en France. Il voulait alors déserter et rejoindre les Américains qui combattaient à l’Est. Se méfiant de leur ferveur envers le IIIe Reich, le haut commandant décide donc d’envoyer ces hommes sur le front de l’Ouest où les Russes détruisent tout sur leur passage.

Commence alors un intense combat contre la mort. Les Russes bombardent les positions allemandes avec l’aide de leur T 34, des chars d’assaut russes, des orgues de Staline, des canons de 75 mm, de tirs de mortiers, de PPSH, pistolet mitrailleur très fiable avec une capacité de munitions accrue.

Lemblé et son unité parcourent des villes et des villages dévastés par la guerre pour aboutir à la frontière Pologne/Russie. L’armée allemande est en déroute. Ils manquent de tout. Munitions, armes, tanks, canons (qu’il faut démonter et remonter, saboter pour ne pas abandonner à l’ennemi ou retourner chercher au front, à quelques centaines de mètres des soldats de l’armée rouge).

C’est incroyable de lire une histoire vécue par un homme qui a vu autant d'horreurs de la guerre. Les soldats allemands qui ont dressé le drapeau blanc devant l'Armée Rouge ont été mitraillés sans jugement ni question. Lemblé devait rester avec les Allemands, fuir et se replier dans l’espoir de rester en vie.

Car oui, il y a de la chance. Courir sur un terrain à découvert sous le feu incessant de l’ennemi et s’en sortir indemne. D’autres fois, le hasard fait bien les choses. Quelques soldats prisonniers d’une tranchée dont l'unique sortie est surveillée par un sniper dans un arbre et c'est finalement un petit groupe de soldats qui retiennent les soviets avec leurs mitrailleuses permettant ainsi aux prisonniers de fuir à la tombée de la nuit.

Lemblé a vécu l’horreur de la guerre. Il a été annexé à une armée en déroute contre un ennemi sans pitié. Il a vu la mort de près et a connu la peur, celle de mourir. C’est dur de croire que des êtres humains aient vécu de pareilles aventures et s’en sortent en un morceau. Parce que détrompez-vous, Lemblé a été au cœur de la guerre, il n’était pas assigné quelque part derrière le front.

Les pauvres citoyens prisonniers des villes et qui ont peur des Russes ont aussi vécu des drames terribles. Les femmes en particulier.

L’histoire est bien écrite, quoique l’écriture est un peu simpliste, mais l’auteur sait nous tenir en haleine. Le choix de la police de caractère est super (une sorte de machine à écrire de l’époque) malgré que quelques pages çà et là changent pour ensuite revenir au caractère original. Bonne idée!

Voici une autre vision de la guerre, une autre violation des nazis des conventions sur les droits des hommes en vigueur à cette époque et la peur, cette peur omniprésente pendant qu’un déluge de fer et de feu désire votre mort. Pour les passionnés de la Deuxième Guerre mondiale, vous devez lire ce livre. J’ai lu les 331 pages en 2 jours.

Acheter ce livre.

vendredi 15 juin 2012

Les faces cachées d'Amir Khadir - Pierre K. Malouf


Après une bonne recherche sur le député de Mercier, Amir Khadir, l’auteur, Pierre K Malouf, nous livre les résultats de son travail. Ses conclusions sont étonnantes, oui et non, surtout depuis ces derniers mois où le député affiche de plus en plus ses allégeances.

Ce n’est pas un secret pour personne, Amir Khadir rejette le blâme de tous les problèmes de la planète sur Israël en premier et ensuite, sur les États-Unis. Communiste comme son paternel, il prône la disparition de l’État hébreu dans l’espoir que revienne les expatriés.

Khadir accuse Israël d’apartheid et critique également le Canada et le Québec pour leurs gestes envers les autochtones. Il ne peut cacher sa haine de ce qu’il appelle la colonisation de la Palestine et l’impérialisme américain.

Québec solidaire a été crée de la fusion de l’UFP d’Amir Khadir et Option citoyenne de Françoise David. Il s’agit d’un ramassis de communiste, de marxiste-léniniste, de maoïste et autres groupuscules socialistes. Comme le communisme, Québec solidaire veut rendre tous les québécois égaux, tous pauvres.

Faire payer les riches, nationaliser ce qui ne l’est pas encore, chasser les grandes entreprises du territoire, etc. Voici les actions concrètes que poserait un gouvernement de Québec solidaire.

Appuyé par une tonne de liens vidéo, blogues et site Internet, Malouf dresse un portrait peu élogieux de l’un des politiciens les plus populaires au Québec. Pourtant, Mario Dumont, qui se disait centre-droit, n’a jamais eu autant de publicité et la plupart de ses idées étaient régulièrement tournées au ridicule.

Pourquoi accorde-t-on de l’importance au seul porte-parole de Québec solidaire?

Pour bien comprendre la philosophie et les motivations d’Amir Khadir, il faut, avant tout, mieux comprendre le Proche-Orient. L’auteur propose des explications et des citations de gens de tous les milieux pour notre aider à analyser le portrait.

Un peu long, parce que l’on perd le sujet principal pendant une cinquantaine de pages, mais très pertinent.

Il faut aussi comprendre la situation de la boutique Le marcheur, où des manifestants dénonçaient la vente des souliers Beautifeel, fabriqué en Israël. Yves Archambault et sa femme, Ginette Auger, d’honnêtes commerçants, ont dû vivre avec de graves accusations d'encourager l'économie d'Israël. Khadir a même accusé monsieur Archambault de contribuer à la caisse du parti Libéral et de l’ADQ, son recherchiste s’était trompé d’Yves Archambault…

En criant au boycott, les groupes de pression croyaient vraiment nuire à Israël, ce qui, par notre petitesse, est absurde et dérisoire.

Avec cet ouvrage, Malouf prouve qu’Amir Khadir parle des deux côtés de la bouche. Le porte-parole de Québec solidaire est à gauche de la gauche. Il rêve de voir un Québec socialiste où l’État tentaculaire s’occuperait de tout (système qui a échoué partout dans le monde et si on examine Cuba et la Corée du Nord, on comprend vite que le socialisme n'est pas souhaitable). Malouf a effectué un travail audacieux et de qualité sur un personnage intouchable ou presque. Je le recommande.

Acheter ce livre.

*

Seul bémol: pouce vers le bas!, le livre numérique est protégé par DRM. Ce qui veut dire que si vous l’achetez sur jelis.ca, par exemple, et téléchargez le fichier dans votre ordinateur personnel, vous ne pourrez pas copier le fichier dans votre tablette. On m’a expliqué que c’est un choix d’éditeur. Non mais, est-ce que je peux faire ce que je veux avec mes achats?

J’ai dû me faire rembourser et revenir plusieurs fois en magasin pour acheter la version papier parce que l’éditeur accusait un retard pour la sortie de ce titre. Très mauvais choix, que dis-je, mise en marché, que je déplore.

mercredi 13 juin 2012

Qu'est-ce que le harcèlement?

Je reçois beaucoup d'appels et lis beaucoup de textes qui utilisent la mention harcèlement. L'employeur est arrogant, discipline souvent plus qu'il ne le devrait, portent des commentaires désobligeants, sans oublier que le grand manitou de la région essaie de nous faire croire qu'elle défend la veuve et l'orphelin.

On a beau être un syndicat ou être un employé syndiqué, en 2012, l'employeur compte chaque sous qu'il a et coupe partout au Canada pour augmenter ses revenus et diminuer ses dépenses. Toutes les entreprises feraient la même chose et surtout, accepteraient de prendre le virage technologique.

Défendre un membre n'est pas toujours facile. On ne frappe plus la table avec le poing en criant des insanités au boss. Il faut être patient, poli et suivre le processus. Ça, plusieurs personnes ne le comprennent pas.

L'un des dadas de l'employeur, comme je l'ai déjà mentionné sur mon blogue, c'est de rencontrer les gens pour discuter de leur assiduité. La convention collective mentionne pourtant qu'on peut rencontrer quelqu'un après 7 absences pour le lui dire.

Les gens avec un haut taux d'absentéisme peuvent être menacés de la clause 10.10 : renvoi pour incapacité. En gros, t'es pas capable de faire la job, on te congédie. Le STTP dépose un grief, l'employé(e) reste à l'emploi jusqu'à ce qu'un arbitre tranche ou qu'une entente soit conclue entre les 2 parties.

Quoi qu'il en soit, les gens reviennent souvent avec le mot harcèlement. Le boss m'a passé en entrevue, c'est du harcèlement. Le boss m'a dit de pas faire ça, c'est du harcèlement. Le boss vient me parler d'une plainte d'un client, c'est du harcèlement, etc.

Non, ce n'est pas du harcèlement. Voici la définition du harcèlement selon la clause 56.03 de la convention collective urbaine :

56.03 Définition du harcèlement

Aux fins des présentes, le « harcèlement »
signifie tout comportement, propos ou geste lié à l’un des
motifs énumérés à la clause 56.01, et qui :

a) n'est pas souhaité ou peut être
raisonnablement considéré comme n'étant
pas souhaité, et

b) est offensant, humiliant, abusif, menaçant,
répétitif ou qui entraîne des conséquences
défavorables dans l'emploi.


C'est surtout la répétition qui est importante. Si, pendant un mois, le superviseur dit que ton tri est trop lent, que tu occasionnes des heures supplémentaires et la cause est que tu as les cheveux longs et ne voit pas ton casier comme il le faut et qu'il répète ça chaque jour, devant tout le monde, là on commence à parler de harcèlement.

Un commentaire déplacé n'est pas du harcèlement. Il peut avoir matière à grief, mais ce n'est pas du harcèlement.

Pas besoin d'attendre un mois pour demander que la situation cesse. Mais de grâce, n'utilisez plus ce mot à toutes les fois que vous avez une altercation avec votre superviseur, il y a d'autres actions que nous pouvons prendre avant de parler de harcèlement, geste très dur à prouver.

Soyez certain que l'employeur protège ses sbires quand une plainte est déposée.

lundi 11 juin 2012

A.N.G.E. Antichristus - Anne Robillard


L’A.N.G.E, l’Agence Nationale de Gestion de l’Étrange, travaille dans un domaine peu commun et presque personne ne connaît son existence. La division montréalaise doit combattre des êtres venus d’Europe et qui ne désirent rien de moins que la venue de Satan et la domination de la Terre.

Personnellement, je trouve que la division A.N.G.E est un mélA.N.G.E de X-Files, le FBI ayant deux agents qui travaillent à tous ce qui touchent le paranormal et encore une fois, et vous allez me trouver tannant et tenace, Surnaturel.

Puisque c’est le premier titre de la série, l’auteure prend le temps d'installer ses personnages (il y en a beaucoup, des agents, des directeurs, des directeurs nationaux, internationaux, des ennemis, etc.), ce qu'est l’A.N.G.E, ce qu'est l’Alliance (le groupe qui veut conquérir le monde), etc. L’auteure d’expérience a le sens du rythme et de l’enquête, les évènements se succèdent les uns après les autres sans nous donner de répit et c'est bien ainsi.

Je comprends pourquoi Anne Robillard vend autant de livres! Son écriture est efficace et simple à la fois. L'histoire nous divertit et on veut connaître la suite.

Là où je bloque, je devrais dire où j’ai une overdose, c’est l'intarissable combat entre le bien et le mal. Ici encore, le mal étant défini comme les suppôts de Satan, l’enfer et le prince des ténèbres. La bonne vieille morale chrétienne et le vocabulaire du catéchisme nous attendent à presque toutes les pages. Les boules de feu, les éclairs de lumière, la résurrection (oui, vous avez bien lu), etc., j'avoue que j’ai un trop-plein d’anges et de démons, de pouvoir et de tout ce qui touche de près ou de loin au bien et au mal à la sauce religieuse.

L’agence est dotée de technologies sophistiquées que les agents utilisent avec brio. Les ordinateurs à commande vocale ou les montres qui affichent des couleurs diverses selon l’importance de l’alerte. Futuriste, mais en même temps si perfectionné qu’on se demande qui peut les affronter si ce n’est que des êtres divins.

Quelques descriptions de caractéristiques de personnages m’ont dérangé. Un personnage fait un choix et le second personnage sait qu’il ne faut pas intervenir parce que ça ne fonctionnera pas. Par exemple : Hélène avait décidé de manger un sac de chips au ketchup et Roger savait que peu importe ses arguments, elle le finirait quand même. Rien de bien grave vous direz, mais cela m’a accroché.

La série a déjà plusieurs volumes à son actif. Je n’ai pas suffisamment accroché pour vouloir absolument lire une autre aventure. Peut-être vais-je me laisser tenter (ça se lit bien), mais je dois prendre une pause de cette vision de Dieu, du paradis et tout le bataclan pré-apocalyptique.

Acheter ce livre.

jeudi 7 juin 2012

Prises de lutte

Après la lecture (relecture) de ma nouvelle Lutte à finir (publiée sur ce blogue en version intégrale et sur le blogue le chat qui louche), je me suis dis que peut-être les gens se demandent comment fait-on les prises de lutte dont je parle dans ma nouvelle. Donc, voici pour vous, quelques clips à ce sujet.

Stone cold stunner

Descente du coude


Sharp shooter



Bonus : le combat le plus drôle de tous les temps!

mercredi 6 juin 2012

Traqueurs Inc. - Nocturne - Marie-Ève Dion


Remyelle, Mike et Frank dirigent l’entreprise « familiale » Traqueur inc. Après l'appel d’un client, ils enfilent leurs tenues, masque, costume, gadgets divers et vont affronter les démons sous leurs différentes formes. Un jour, Mike congédie sa sœur qui doit travailler « à son compte » avec une recrue. Mais c’est plus compliqué que ça…

La nouvelle saveur du jour : Surnaturel.

Parce que oui, ce livre est entièrement inspiré de cette série. Sam et Dean Winchester sont des frères qui, au début de la série, combattaient les démons de l’enfer (monstres divers pigés dans les légendes urbaines et les croyances populaires) pour venger la mort de leur mère par le démon aux yeux jaunes. Ensuite, quand leur père est tué par le même démon, cela devient l'objectif ultime. Quand la conclusion de ce duel est révélée, la série prend le tournant confrontation anges contre démons, enfer contre paradis.

Ici, à la place d’éplucher les journaux à la recherche de mort suspecte, Traqueur inc. reçoit des appels de gens qui ont vu des vampires, spectres, loup-garous, goules, etc. Dès le premier affrontement, les membres de l’équipe sont terriblement mutilés. Comment peuvent-ils retourner affronter une autre entité avec leur corps aussi mal en point et en si peu de temps, les appels se succédant à quelques heures d'intervalle?

L’auteure se permet même de faire sortir Remyelle de l’hôpital sans intervention du personnel médical pour qu'elle demeure alitée sauf les timides protestations d’une infirmière.

Marie-Ève Dion pousse l’audace jusqu’à utiliser les mêmes signes distinctifs que Surnaturel. Dans la série, quand un démon est battu, il quitte son hôte par la bouche sous forme d’une épaisse fumée noire. Dans ce livre, à deux reprises, l’auteure mentionne que de la fumée noire s’échappe des plaies de la victime.

Elle s’inspire tellement de la série que lors d’un combat, des Traqueurs sont propulsés sur un mur et ils ne peuvent plus bouger. A-t-elle vu la série avant d’écrire ces lignes? Et le comité de lecture ou le directeur littéraire n’y a pas vu de ressemblances? Pourtant, ça saute aux yeux!

Remyelle a un patois : eh merde! OK, c’est charmant. Mais l’auteure utilise tellement cette expression que cela devient agressant. Même chose pour les deux frères qui ont eux aussi un patois… à la française. Je m’explique. La narration à la première personne, (ici, je lève mon chapeau sur l’efficacité de l’écriture et du rythme) s’approche du joual, ça n’en est pas, mais c’est très proche. Eh bien, tous les patois sont eh merde, putain et bordel. Quoi? Même pas fuck, bitch ou shit qui sont devenus maintenant la « norme » chez les jeunes, même si Jessica Paré nous a fait l’honneur d'un de nos jurons colorés dans la série Mad Men…

À mon avis, même un crisse ou un tabarnak auraient été plus pertinent parce que le choix narratif est adéquat à ce style.

Lors de ma lecture, j'ai remarqué que tous les personnages « pouffe de rire » et l’auteure nous pouffe cette expression à plusieurs (trop) d'occasions.

L'un des évènements majeurs du livre, qui devrait nous inciter à acheter la suite, est la possibilité d'une guerre contre les démons. Surnaturel a fait 2 ou 3 saisons sur ce sujet, ça s'appelait l'apocalypse.

L’auteure de 19 ans ne peut dissimuler son manque d’expérience en relations amoureuses et personnelles (à cet âge, on commence à peine à vivre, ce qui n'est pas un défaut, loin de là!).

Remyelle désire Louis, mais ça n’en finit plus d’hésiter de coucher ensemble. OK, parfait pour les premières rencontres, c’est une attitude respectueuse de l’autre, mais ça devient une farce tellement Remyelle repousse Louis dès qu’il s’apprête à lui retirer sons soutien-gorge ou qu’elle se retient de céder à ses pulsions lorsqu'elle voit un morceau de peau de son homme. Ça fait épisodes de Watatatow ou pour les plus vieux, Chambres en ville!

Quand ça arrive, on se dit qu'il était temps qu'ils se déniaisent!

En outre, cacher son véritable emploi à Louis, un médecin très naïf à qui elle fait croire que son travail est dans une garderie ou un magasin, devient ridicule parce que le pauvre homme gobe n'importe quoi, et ce, malgré les blessures majeures de la jeune femme et ses frères. Il est médecin, rappelons-le. Il pourrait avoir accès aux dossiers médicaux, l’instant d’un soupçon. Pas du tout, c’est l’archétype du prince charmant beau et docile.

Je dois reconnaître une chose : l’auteure connaît son sujet, les démons. J’ai écrit un torchon voilà quelques années sur les démons, mais j’avais quand même lu plusieurs livres à ce sujet. Je ne suis pas un expert, mais les différentes explications que l’auteure nous sert tiennent la route. Par exemple, l’ordre hiérarchique chez les démons et leurs pouvoirs.

Comme on me l’a si souvent répété et que je semble incapable moins aussi de le faire, tout a été écrit, c’est la façon de le raconter qui doit changer.

Faites votre idée en achetant ce livre ici.

lundi 4 juin 2012

Port du carré rouge


En fin de semaine, plusieurs articles ont circulé à l'effet que des employés de Postes Canada à Montréal avaient été suspendus parce qu'ils avaient porté le carré rouge (sanction annulée depuis).

Juste pour votre information, le STTP national avait déposé un grief (N00 07 000016) à l'effet que les membres du STTP pouvaient porter un macaron. À ce moment, il s'agissait de macarons contre les fermetures postales.

De mémoire, l'arbitre a donné raison au Syndicat. J'ai cherché un lien sur le site du national, mais ce pdf semble incomplet. Les employé(e)s pouvaient dorénavant afficher leur cause.

Pour les appuis du STTP envers les étudiants et la hausse des frais de scolarité, vous connaissez ma position. Pour ou contre, je voulais juste vous informer.

Après avoir analysé la clause 5.01 de la convention collective, l’arbitre national a conclu que les directives patronales interdisant ou restreignant le port de macarons, de même que les menaces et le recours à des sanctions disciplinaires, constituaient des actes de discrimination et d’ingérence indue auprès des membres du Syndicat. Ces derniers participaient à des activités syndicales qui s’inscrivaient dans le cadre d’une vaste campagne de sensibilisation du public relative à d’éventuelles mesures de privatisation du service postal.

samedi 2 juin 2012

Les 30 jours de Berlin - André Besson

Les Russes sont aux portes de Berlin, ils viennent de franchir l'Oder et l'Elbe, dernier rempart naturel protégeant la capitale du IIIe Reich. L'un de ces commandants russes Joukov, Koniev et Rokossovski veut être celui qui aura fait s’écrouler le régime nazi. À l’ouest, considérant que les pertes en hommes seront considérables, les troupes anglo-saxonnes décident d’abandonner Berlin à l’armée soviétique.

Pas facile de réinventer ce que tous savent déjà (encore plus ceux qui ont lu à ce sujet) : la tragédie de la Bataille de Berlin. Des millions de civils prisonniers des décombres, faisant la file des heures de temps pour recevoir de maigre ration de nourriture, ignorant les bombes lâchées par les avions ennemis (Goering avait juré qu’aucun avion ennemi ne survolerait la capitale sinon les commandants, ces traitres, auraient des comptes à lui rendre), pour ne pas perdre leur place et revenir les mains vides.

La capitale du Reich est jonchée de cadavres. Les Russes bombardent sans arrêt avec leurs milliers de canons et de tanks. Berlin est défendu par des troupes décimées, blessés, la Volkssturm (unité de combattants civils regroupant des hommes de 16 à 70 ans dédiés au support de la Wehrmacht et des SS) essaient de repousser l'envahisseur.

Dans le Führerbunker, Hitler donne des ordres à des troupes imaginaires, ses généraux n’osant pas lui avouer qu’elles n’existent pas. Même les noms des unités ont été inventés. Refusant de quitter le bunker et confiant en la victoire, Goebbels appuiera Hitler jusqu’à la fin. Bormann, qui a des visées politiques ambitieuses, se fera un plaisir d’informer Hitler de la tentative de Himmler à conclure une reddition sans condition auprès des alliées par l’entremise d’un homme politique suédois. Goering aussi, quoique méfiant, demandera au Furher s’il accepte de lui céder le pouvoir comme le stipulait l’accord signé en 1941.

Hitler pique une colère noire, certain de la trahison de son personnel et de l’incapacité du peuple allemand à gagner la guerre.

Le fanatisme est vraiment déconcertant. Même si j'avais lu et vu à ce sujet, la folie était la ligne directrice des dirigeants.

Dans ce livre, l’auteur raconte, avec une netteté saisissante, la chronologie du dernier mois du IIIe Reich. Sans se perdre dans les détails historiques qui alourdiraient le texte, Besson nous livre un excellent ouvrage sur la destruction de Berlin et des derniers jours de Hitler et son entourage.

Les Allemands ont résisté du mieux qu’ils ont pu, le général Wenck essaie de ramener la 9e armée à Berlin pour encercler les Russes et les repousser (exterminer dira Hitler), mais la déroute totale et la puissance de l’Armée Rouge l’empêchera d’exécuter l’ordre. Hitler, maintenant un vieillard malade, refuse de quitter Berlin et parle pour la première fois de suicide.

La notice bibliographique est impressionnante. Besson a consulté beaucoup d’ouvrages pour rédiger son livre. J’ai surtout apprécié la simplicité d’écriture, comparable à la biographie de Rommel paru chez Perrin. C’est précis, clair et entrecoupé de citations. Je vous recommande de voir La chute, des images apparaissaient souvent en référence à ce film. Bref, un excellent livre sur une tragédie dont les acteurs demeurèrent aveuglés par l’idéologie nationale-socialiste et le racisme.

Acheter ce livre.