lundi 27 février 2012

Guide de survie en territoire zombie - Max Brooks


Si vous désirez rester vivant lors d'une attaque zombie, ce livre est indispensable pour combler votre inexpérience, élaborer vos stratégies de défense et d'attaque, choisir vos armes, explorer votre environnement, etc. Comme l'écrit si bien l'auteur : ce livre peut vous sauver la vie!

Première remarque : je ne suis pas un grand amateur de zombies. Par contre, ce livre écrit par l'auteur de World War Z, renferme des renseignements intéressants et comiques. Les initiés aux morts-vivants devraient lire ce livre (si ce n'est pas déjà fait).

L'auteur ne semble pas avoir oublié grand chose. Quand il vous décrit les moyens de transport, tous les moyens qui existent dans notre quotidien sont nommés et documentés. C'est tout juste s'il ne vous suggère pas de voler une navette et de construire une base lunaire loin de tracas de cette contagion au Solanum.

Dessins, récits, pendant ma lecture, j'avais l'impression que ce problème existait vraiment et qu'un jour j'y serai confronté! L'écriture est simple, l'auteur ne passe pas par quatre chemins pour expliquer ce qu'il veut nous dire. Les théories scientifiques, les techniques de combat, la fuite ou la survie sont crédibles et amènent une dimension autre que les films série b que la culture hollywoodienne nous sert.

Seul bémol, les nombreuses histoires deviennent redondantes. Après 7 ou 8 pages, on a compris que l'auteur veut nous raconter que les épidémies de zombies ont eu lieu à toutes les époques et tous les coins de la planète.

J'appelle ici les fans de zombies, après la lecture de la survie en territoire zombie, dois-je me procurer le fameux livre World War Z? Pour les néophytes comme moi, je vous le recommande, la lecture est agréable et les 360 pages se lisent en peu de temps.

Acheter ce livre qui est le complément inévitable de World war Z.

dimanche 26 février 2012

Extrait : La routine

Premier nouvelle que j'ai composée, elle devait être publiée dans le numéro 17 du défunt fanzine Nocturne.

Cette fois encore, l'action met en vedette moi-même au travail et un client réel qui agit et répond comme vous le lirez sauf, évidemment (j'espère!) le déroulement de l'action et la conclusion.

C'était ma première tentative autant en nouvelle qu'en horreur, soyez indulgent s'il vous plait!

La Routine

Tous les jours, à la même heure, un homme m’observe jusqu’à ce que j’aie déposé le courrier dans sa boîte aux lettres. Je l’ai surnommé monsieur Ponctuel.

Il m’attend sur le trottoir, devant son immeuble de six appartements, l’air abruti et le dos recourbé tel un bossu. Lors d’intempéries, il demeure au sec à l’intérieur, derrière la porte d’entrée. J’espère toujours qu’il va m’oublier. Mais il est là, jouant avec son trousseau de clefs ou avec ses lunettes démodées.

Si j’omets les clients qui me répètent les sempiternels « garde les comptes » ou « donne-moi les chèques », avec le sourire satisfait d’avoir trouvé la blague du mois, le quartier est calme. Cependant, en trois ans, un seul homme a été présent sans faillir : monsieur Ponctuel.
Son âge? Je l’estimerais fin cinquantaine.

Sa vie sociale? Je ne l’ai jamais vu accompagné d’une femme, d’un enfant ou d’un membre de la famille.

Je semble être son unique contact humain. Attend-il aussi le livreur de journaux, de circulaires ou de pizza?

Habituellement, mon client rôde autour de son immeuble. Dès que j’approche, il commence à s’activer. Il ramasse les vidanges des voisins ou balaie sans arrêt la même parcelle de trottoir.

Mais aujourd’hui, pour la première fois depuis que je livre dans le coin, il n’est pas planté devant sa porte. Je vérifie si son auto est garée dans le stationnement. Elle n’y est pas. Vais-je m’en sauver? Je mets un pied sur une marche. Fausse joie! Il tourne à l’intersection et stationne son Accent rouge si près de la chaîne de trottoir que les enjoliveurs frôlent le béton. Il sort en catastrophe, cigarette au bec, sa casquette des Red Sox de Boston enfoncé jusqu’aux oreilles et court vers moi.

Comme si ça pressait!

Si j’oublie la mélodie insupportable qu’il siffle quand il se positionne derrière moi pour me regarder travailler, c’est un bon monsieur. Il n’a probablement pas d’amis et croit en trouver un en me voyant. Ce n’est pas réciproque.

***

Gilles Julien, un confrère de travail camionneur, vient me demander le numéro d’appartement d’un client dont l’adresse est incomplète. Je prends le colis et, à ma grande surprise, c’est monsieur Ponctuel! Il a commandé du matériel pour la taxidermie. Il fait autre chose de sa vie que m’attendre? Je gribouille l’information sur l’étiquette de livraison et redonne la boîte à Gilles.

Une heure plus tard, la routine recommence. Je croise les mêmes individus aux endroits habituels. La plupart d’entre eux ne m’ont jamais adressé la parole. Quelquefois, un sourire discret en guise de bonjour, sans plus.
J’approche de chez monsieur Ponctuel. Personne. Encore un faux espoir? Je me réjouis déjà de ne pas devoir endurer sa face. Je dépose les lettres, certain qu’il va surgir derrière moi et s’excuser de son retard.
J’ai terminé. Je mets un pied à l’extérieur, lance un regard par-dessus mon épaule, avec la certitude de voir ses deux yeux glauques me dévisager. Rien.

Impossible, il est vraiment absent!

***

Quatre jours plus tard, une bombe tombe à la station; Gilles Julien a disparu. Pas mort ou malade. Disparu, éclipsé, évanoui dans la nature. Je cherche désespérément une phrase pour me convaincre que ceci n’est qu’un rêve, que je nage dans l’irréel, qu’une chose du genre ne peut pas se produire. J’en profite pour me renseigner auprès de René, mon voisin de casier.

— Qu’est-ce qui s’est passé?

— Les policiers ont retrouvé son camion dans le stationnement de centre d’achat sur le boulevard Sainte-Anne, répond mon confrère de travail, visiblement atterré. Tu sais les mêmes choses que moi si tu as regardé les nouvelles.

C’est inquiétant, ces magasins sont à deux rues de mon itinéraire. J’allume la radio de mon baladeur mp3. Un animateur explique que les autorités relient cette disparition suspecte aux huit autres survenues dans ce coin depuis six mois. Je suis soulagé, je travaille de jour. Ça doit arriver la nuit. Pensée naïve qui me permet de continuer mon boulot sans trop me tracasser.

Dans leur manie de tourner en boucle les nouvelles choc, les médias ont créé une véritable panique dans la population. Ils racontent qu’il s’agit d’une série d’enlèvements et que les policiers n’ont aucune piste solide. De plus, la liste répertoriée des personnes manquantes est hétérogène. Ce sont des enfants, des ados, des jeunes adultes, des obèses, des maigres, des gens du troisième âge, des noirs, des Asiatiques. Est-ce que Gilles est une autre victime? Monsieur Ponctuel aussi?

— Penses-tu que ç’a un rapport avec toutes ces histoires qu’on entend? m’interroge René.

— C’est possible.

René ne trouve pas de mots pour apaiser nos craintes. Son malaise s’accentue quand une factrice, Nathalie Julien, la fille de Gilles, s’approche de nous. Elle pleure comme une Madeleine. Malgré les événements, elle s’est présentée au travail ce matin. Pauvre fille, sa mère est décédée l’an passé et maintenant, son père manque à l’appel.

Les superviseurs soutenus par les gestionnaires ont cru bon de nous convoquer afin d’expliquer la situation. Ils ne nous ont rien appris de nouveau. Nathalie éclate en sanglots. Je me désole à la vue d’un si joli visage caché sous un masque de tristesse. À mon avis, elle n’aurait jamais dû venir travailler. L’angoisse et la solitude sont peut-être pires à la maison qu’ici.

Après cette matinée mouvementée, je quitte le bureau pour effectuer ma livraison. J’ai la tête ailleurs. Je regarde sans vraiment voir, j’entends sans écouter, le caractère routinier de mon travail a pris un autre sens. Mes gestes sont robotiques et quand je demande une signature, mes phrases sont limitées au minimum.
J’arrive aux appartements de monsieur Ponctuel, qui ne mérite plus son surnom depuis hier. Je me surprends d’être soulagé qu’il soit planté devant la porte, avec son vieux blouson des Vikings du Minnesota.

— Bonjour, Monsieur le Facteur, souffle-t-il.

Je le salue d’un hochement de tête.

— Vous n’avez rien pour moi aujourd’hui? s’informe-t-il, en retirant les mains des poches de son pantalon.

— Non, je n’ai rien pour vous.

Il me dit qu’il attend un article important. Comme à tous les clients impatients de recevoir leur marchandise, j’explique les normes de livraison. Il m’écoute avec attention. Je suis étonné de lui consacrer plus d’une minute de ma vie. Je lui parle calmement, sans presse et avec un réel soulagement. J’ai envie de jaser, de socialiser avec n’importe qui. La disparition de Gilles, m’a ébranlé plus que je ne l’imaginais.

J’apprends qu’il a eu un grave accident de travail et qu’il ne travaille plus depuis cinq ans. Sa jambe droite s’est coincée sous un conteneur et il boitera jusqu’à sa mort. J’ai le goût de lui demander pourquoi il m’attend chaque jour, mais je me garde une petite gêne. N’empêche que ça m’intrigue. Cette occasion m’a permis d’en savoir plus sur lui que les trois années précédentes.

***

Le lendemain, Nathalie est absente. Comme c’est souvent le cas dans ce genre d’histoire, l’absence de Gilles devient rapidement chose du passé et, sans l’avoir oublié, on en parle moins. J’ignore pourquoi, mais cette situation m’obsède. Gilles n’a jamais émis de commentaires suicidaires et ne s’est jamais plaint. L’homme que je connaissais n’aurait jamais abandonné sa fille. Au contraire, c’était un bon vivant et il mordait dans la vie. Nous blaguions régulièrement avec lui.

Parmi mes envois grand format, je remarque l’enveloppe demandée hier par monsieur Ponctuel.
Le taxi me dépose à la maison où je commence ma livraison. J’approche de chez mon pathétique client. Du coin de rue, je ne le vois pas. C’est une vraie farce, est-ce qu’il est absent la seule journée où il doit être présent? Je devrai le renommer monsieur pas fiable! Je cogne à la porte de son logement.

Pas de réponse.

Il avait hâte, qu’il disait.

Je viens pour frapper une seconde fois, il ouvre avant que j’aie pu déposer mes jointures sur le bois.

— Bonjour, Monsieur le Facteur, je vous attendais, marmonne-t-il.

— J’ai besoin de votre signature ici, que je demande en pointant l’endroit avec mon stylo.

Il griffonne un nom illisible et me redonne mon stylo. Je le remercie et prends quelques secondes pour écrire son nom en caractère d’imprimerie. Mon client disparaît dans son logement. J’entre le bordereau de livraison dans mon sac et descends quelques marches. Il revient à la hâte et m’interpelle. Ai-je fait une erreur?

Je m’immobilise, mais ne me retourne pas. Avec son bras gauche, monsieur Ponctuel me saisit par le cou et avec l’autre, applique un linge humide sur mon nez. Je suis prêt à gager qu’il m’observe depuis tellement longtemps qu’il envisageait ma réaction. Ce produit a une odeur forte. Je ne connais rien aux poisons, mais je comprends qu’il ne fait pas ça pour me guérir de mon rhume!

Je le repousse contre le mur. Le linge quitte mon visage, mais il me retient toujours. Je tousse et j’ai mal au cou. Solide poigne, le bonhomme! Il me tire vers son logement par le collet de ma chemise. J’attrape la rampe d’escalier. Il me donne un violent coup de poing sur les doigts. Je crie et lâche prise en me secouant la main. Il grogne avant de me frapper dans les côtes. J’ai le souffle coupé et me recroqueville. Je le suis contre mon gré.
La pièce est plongée dans une noirceur quasi totale. Les fenêtres sont recouvertes d’épaisses couvertures retenues avec des clous. Les murs sont peinturés en noir ou en marine. Seule la lumière de la cuisine est allumée.

La bibliothèque face à moi abonde d’animaux empaillés. Aucun appareil digne d’un salon comme une télévision, un ordinateur ou une radio. Je lance un cri. Gille est étendu sur le divan, privé de son bras droit. Mort ou endormi? Sa lésion a été découpée et recousue avec soin. On ne l’a pas hachée grossièrement. À quelle folie s’adonne cet homme?

Mon agresseur ne me laisse pas le temps d’analyser davantage. Il me remet son linge sur le nez. La peur me donne un regain d’énergie. J’actionne mes bras dans tous les sens.

— Vas-tu te calmer, maudit postillon, tonne-t-il.

J’aimerais tellement lui mettre mon poing sur la mâchoire. J’ai des engourdissements, mes yeux piquent et mes paupières s’alourdissent. Je donne des coups de coude vers l’arrière. À gauche, à droite, je ne le touche pas. Je n’ai réussi qu’à le décoiffer de sa casquette. Il n’y a vraiment qu’à la lutte que ce truc fonctionne!

Il me tient le derrière de la tête et se dirige à la cuisine. D’un vigoureux élan, il m’assomme sur le comptoir. Je rebondis vers l’arrière et tombe sur le cul. Ma chute provoque un vacarme incroyable. J’ai une coupure sur le front. Du sang coule sur mon visage et des gouttes tachent le prélart et mes vêtements.

Je dois fuir. J’attends le moment propice. Il me saisit par les cheveux. D’un mouvement sec, je monte l’avant-bras dans son entrejambe. Il se plie en deux et blasphème. Je me relève aussitôt et ouvre toutes les armoires de la cuisine dans l’espoir d’y trouver une arme. Tous vides. Je sors un tiroir de son trou et le fracasse sur la gueule de ce malade. Il tombe sur les genoux. Du sang coule sur le bord de sa bouche. Il a une petite cicatrice en dessous de l’œil droit. Ses lunettes ont glissé sur le plancher.

J’ai la chance de m’enfuir. J’ai tout juste mis un pied devant l’autre, qu’il étire un bras et me fait perdre l’équilibre. Je chute face première sur le tapis du salon.

— Si tu penses avoir le dessus sur moi, grogne-t-il avec véhémence, un grognement animal, dépourvu de toute humanité. J’ai pas accompli tout ça pour être arrêté par toi!

Tout ça? Mais de quoi parle-t-il? Pas le temps de poser la question, il me prend à la gorge. Je réplique avec les doigts dans les yeux. Il recule en jurant tous les saints. La porte est demeurée ouverte. Elle est accessible en quelques enjambées. Je dois essayer.

Peine perdue, il me retient par le bas de ma chemise. Je tourne la tête et vois une grande lame descendre sur moi. Je crie ma douleur en même temps qu’elle pénètre dans ma chair. Elle ressort et entre une seconde fois. À la troisième tentative, je réussis à déjouer sa vigilance en me déplaçant à droite. Comment a-t-il pu se relever si vite?

Je le pousse sur la bibliothèque. Surpris, il perd l’équilibre et danse sur un pied. Ces secondes me sont utiles pour me faufiler dans une chambre. Je verrouille la porte et arrache le rideau. Ce que je vois attacher sur le mur me fait presque oublier les plaies dans mon dos.

Il n’y a pas de terme exact pour définir adéquatement cet être hideux, mi-homme, mi-femme. C’est une sorte de mannequin empaillé séparé par une couture au milieu.

L’anatomie de la femme est à gauche et à droite, celle de l’homme. Cette horreur a été fabriquée avec les membres de diverses personnes, dont Gilles, dont je reconnais le tatouage sur l’avant-bras. Le corps des gens disparu, sans aucun doute. La section féminine a une tête avec une longue chevelure noire bouclée, le pied d’une enfant, un œil vert et un sein d’une bonne grosseur. La partie masculine a un pied noir, des pectoraux poilus, quelques mèches de cheveux blonds sur le crâne et une barbe collée par plaques. Aucun nez. Le globe oculaire est creux. Les produits et outils utilisés sont éparpillés sur trois tables. Un frisson parcourt tout mon corps et mon déjeuner se retrouve sur la moquette.

La porte est violemment expulsée de ses pentures. Monsieur Ponctuel fonce sur moi et m’écrase contre le mur. Chacune de ses mains tient un gros clou d’au moins quatorze pouces. Il monte les bras dans les airs, le côté pointu vers moi et m’en plante un sous chaque épaule, à côté des aisselles. Je hurle comme je n’ai jamais hurlé. Je glisse sur le mur et m’assois sur le tapis, les jambes molles comme de la guenille. Il ramasse une grande masse sur une table et enfonce les clous jusqu’à ce qu’il me transperce en bas de l’omoplate. Cette vision du balancement du manche est surréaliste. Comment quelqu’un peut-il si violent? La pointe déchire ma peau et perce le plâtre. Chaque élan résonne dans tous mes membres. Un clou est bloqué. Il frappe plus fort. Il m’a peut-être cassé la clavicule ou un os proche de l’épaule.

— Jean-Marc? Ça va?

Mon agresseur stoppe net.

— Y a aucun problème, Janine, répond-il, d’une voix calme et parfaitement maîtrisée.

Janine? La femme de l’appartement deux? C’est sûr qu’avec tout ce vacarme, elle doit se demander ce qui se passe chez son voisin d’en haut. Voilà ma chance :

— Au secours, que je crie, cet homme veut me tuer! Appelez la police!

Monsieur Ponctuel fronce les sourcils et serre les dents et les poings. J’hérite d’un coup de genou sous le menton. Il m’enfonce un bas sale dans le gorgoton et colle du duck tape sur ma bouche. Il quitte rejoindre la curieuse. Je pousse sur le mur avec le bas de mon dos, mais je ne parviens pas à arracher les clous du plâtre.
La dame lance un cri de stupéfaction. Elle a dû voir le cadavre de Gilles sur le divan.

L’un d’eux s’effondre. Court râlement et silence. J’espère, l’instant d’une seconde, qu’elle lui a tranché la gorge. Mes espoirs s’éclipsent quand le bonhomme revient dans la pièce, enragé comme jamais. Il essuie la lame de son couteau sur sa chemise ensanglantée.

Il approche l’arme de ma face et dit :

— Tiens-toi tranquille!

Je secoue la tête. Je pleure comme un bébé. Ça fait si mal, j’ai perdu tant de sang. Mon agresseur s’impatiente. Il part chercher un outil sur une table. Il choisit un scalpel. Parfait pour m’enlever... un œil.

— J’ai un chef-d'œuvre à compléter pis c’est pas un petit facteur qui va nuire à mes plans, explique l’homme, avec un calme digne d’un chirurgien.

La lame approche de mes yeux. Il m’empêche de remuer la tête en m’écrasant la face avec sa main. Il tire sur la peau de ma joue. Je suis incapable de fermer les paupières. Il l’enfonce tranquillement sous mon œil droit. Tout mon corps est pris de tremblement. Ma respiration s’accélère. J’essaie encore de me pousser du mur, mais je suis trop faible. Il contourne mon globe oculaire avec précision, prenant bien soin de ne rien briser...

***

Un autre locataire a eu la brillante idée d’appeler la police. Ils sont arrivés peu après que mon agresseur m’ait enlevé les deux yeux. Pure vengeance pour lui avoir offert un peu de résistance ou a-t-il abîmé celui qu’il coupait? Je l’ignore, j’avais perdu connaissance. Autant il avait réussi à passer inaperçu pour construire son horreur, autant j’ai ruiné son passe-temps.

Je vais voir le vide pour le reste de mes jours. Les visages de ma femme, mes enfants et de ma famille continueront à vivre que dans ma mémoire. Grâce à la rapidité de l’intervention des ambulanciers et des médecins, je suis en vie. J’en ai pour longtemps à cicatriser mes plaies physiques. Entre les deux oreilles, c’est autre chose. Je ne crois pas m’en remettre un jour. La dernière image que je vois est celle d’un désaxé, pas celle d’un beau sourire plein de tendresse.

vendredi 24 février 2012

Nouvelle : Vous avez quelque chose qui m'appartient

Nouvelle parue dans Virages 47, elle semble avoir passé inaperçue. Voici donc le récit publié dans la revue franco-ontarienne.

Vous avez quelque chose qui m’appartient

Jour 1

– Chéri, on cogne à la porte!

Harold ignora l’appel de sa femme. Il n’était pas question de manquer son émission de télé préférée. Le visiteur ne se laissa pas décourager aussi facilement et se mit à sonner à répétition. Harold n’avait plus le choix, il devait s’en débarrasser. Il chaussa ses pantoufles et se dirigea dans le vestibule. Qui pouvait venir le déranger un dimanche soir, en pleine campagne, sous ce déluge?

Et pourquoi Murielle n’avait-elle pas répondu à sa place?

Il jeta un coup d’œil par la fenêtre. Une silhouette longiligne se tenait immobile devant la porte. Il ne ressemblait pas à un vendeur, puisqu'il n’avait pas de valise ni de gadgets. Il ne s'agissait pas d'un politicien, ces beaux parleurs ne se manifestaient que lors des élections. Un groupe religieux à la recherche de nouveaux adeptes? Il était trop tard pour ça, ces gens recrutaient en avant-midi. Harold murmura un juron avant d’ouvrir.

Le visiteur était pitoyable, avec ses longs doigts osseux et ses épaules avachies. Il donnait l’impression de souffrir de malnutrition. Il tenait un parapluie au-dessus de sa tête et était coiffé d'un capuchon qui dissimulait entièrement son visage.

Il me semble qu’on n’a pas besoin d’un épouvantail dans le jardin, songea Harold avec un petit rictus.

Sans aucune salutation, l’étranger déclara d’une voix glaciale :

– Vous avez quelque chose qui m'appartient.

Harold fronça les sourcils et répondit :

– De quoi parlez-vous?

– Je viens chercher ce qui est à moi, enchaîna l’importun.

– Foutez le camp! pesta Harold, en claquant la porte.

L’inscription « pas de colporteur » était pourtant bien visible sur sa boîte aux lettres. Devra-t-il ajouter « aucun emmerdeur »? Il revint sur le sofa et continua à regarder, sans grand intérêt, la télévision. Cet inconnu le préoccupait.

Harold se coucha dès la fin de son programme, mais s’endormit avec beaucoup de difficulté. Cette phrase le hantait constamment. Murielle n’avait pas cessé de le questionner sur les raisons de cette visite. Non, il ne l’avait jamais vu et non, il n’avait pas pu bien observer sa figure. Il n'avait pas de dettes envers un groupe criminalisé ni de maîtresse dont le mari cocu rêvait de lui coller son poing sur la mâchoire.

Que voulait-elle savoir de plus?

Jour 4

Lorsque le cadran tira Harold de son sommeil, il eut peine à ouvrir les yeux. Il n’avait dormi qu’une heure ou deux. Comment allait-il faire pour travailler? Il se traîna jusqu’à la cuisine se préparer un café. Sans sucre ni lait, noir et fort, dans la plus grande tasse disponible. Plus tard, si le besoin se faisait sentir, il achèterait des boissons énergétiques.

À cinquante-six ans, avec des kilos en trop, Harold craignait que son métabolisme réagisse mal à cet abus de caféine. Il aurait pu se déclarer malade et retourner sous les couvertures, mais en agissant de la sorte, Murielle l’interrogerait sur le traumatisme provoqué par cette rencontre. Vivre une journée sur la défensive ne l’intéressait pas.

En attendant que l’eau bouille, Harold syntonisa son poste de radio routinier. Il croqua une pomme qu’il avait prise dans le bol au centre de la table de la cuisine. Ce serait suffisant, il n'avait pas vraiment faim. Il s’adossa contre le comptoir et écouta l’animateur déblatérer contre un avocat. Le polémiste enchaîna avec l’appel d’un auditeur :

– Harold a quelque chose qui m'appartient.

Harold faillit s’étouffer avec sa bouchée. L’homme avait appelé à la radio. Qu’est-ce qui était si important pour le demander en onde, aux heures de grande écoute? L’animateur coupa l’entretien en vociférant qu’il n’était pas un marché aux puces.

Jour 8

Depuis plus d’une semaine, Harold dormait moins de trois heures par jour. Il appela à son job pour les informer qu’il serait absent et regagna son lit. Malheureusement, le sommeil ne venait pas. Il pensait trop. Il poussa les couvertures en maugréant sa frustration. Ça ne pouvait plus continuer ainsi. Cet étranger l’obsédait. Comment le rejoindre et si possible, lui remettre ce qu’il voulait?

Harold décida d’aller travailler le reste de l’après-midi. Tant qu’à souffrir d’insomnie, aussi bien bosser un peu.

Pendant le trajet en auto, il laissa la radio éteinte par peur d’entendre la requête de ce type. Murielle avait probablement raison, il fallait le signaler à la police.

Harold bâclait ses tâches. Il les exécutait machinalement et avec nonchalance. Chaque seconde était pénible. Son idée n’était pas une si bonne que ça.

À la pause-café, il suivit Raoul, un collègue, au casse-croûte au coin de la rue. Harold sentit un frisson lui parcourir l’échine lorsqu’il aperçut le titre de la page frontispice du journal affiché dans la vitrine d'une épicerie :

Harold a quelque chose qui m’appartient.

Il reconnut la photo du mystérieux visiteur, la figure toujours cachée sous l’ombre du capuchon et son propre visage en médaillon en haut à droite.

– C’est pas vrai? clama Harold en saisissant le bras de Raoul.

– Quoi?

Harold désigna le quotidien.

– Tu ne vois rien d'anormal?

– Non. Pourquoi?

Harold se frotta les yeux. Il hésita un instant avant de se résigner à répondre :

– Laisse faire.

La réponse de Raoul l’inquiétait. Avait-il des visions, maintenant? Il s’efforça de cacher sa préoccupation à son confrère qui allait probablement le croire cinglé.

Harold termina difficilement sa journée. Il était soulagé que ses collègues et son patron n’aient pas remarqué qu’il somnolait devant son écran d’ordinateur. Outre la fatigue, il avait trop de questions en tête pour effectuer son ouvrage avec minutie. Juste avant de partir, il consulta ses courriels. Les cent messages reçus affichaient comme objet :

Vous avez quelque chose qui m'appartient.

C’était une chance en or de contacter cet homme. Harold en ouvrit un. L’expéditeur avait un nom inconnu et l'adresse était composée d'une série de consonnes et de voyelles qui formait un mot illisible. Le contenu était la demande écrite des milliers de fois.

Harold les effaça tous et courut à son véhicule. La radio toujours fermée, il évitait de regarder autour de lui. Il craignait de voir cette phrase sur une pancarte quelconque.

Il était soulagé que Murielle soit de garde à l’hôpital. Ce soir, la télévision demeurerait éteinte. La radio et l’ordinateur aussi. Il était troublé. Ce n’était pas une vie d’être si tendu et craintif. Il devait vite trouver ce que cet inconnu réclamait.

Il remarqua quelques enveloppes sur le comptoir de la cuisine. Il en décacheta une :

Vous avez quelque chose qui m’appartient.

Ses genoux fléchirent et Harold s’écroula sur le parquet, la bouche béante. Il aurait dû se méfier. Pour une fois, il aurait préféré lire le solde de son compte. Perclus de peur, il prit de longues minutes avant de se relever. Ses jambes étaient molles. Il se sentait faible et sans énergie.

Jour 11

Harold téléphona à son frère, Raymond. C’était le seul qui, d’après lui, pouvait le convaincre qu’il était toujours sain d’esprit, ce dont il commençait à douter lui-même. Murielle le trouvait instable émotionnellement et lui proposa de suivre une thérapie.

– Tu m’inquiètes, dit-elle. Tu devrais consulter le docteur Morel.

– Qui est-ce?

– Un psychiatre à l’hôpital. Il pourrait t’aider avec ton angoisse.

Harold fulminait. Il espérait que tout allait entrer dans l’ordre prochainement, sans devoir raconter sa vie à quelqu’un impatient de lui prescrire des médicaments. Comment se sentirait-elle si un type louche lui avait demandé la même chose?

– Je ne suis pas fou, s’objecta-t-il.

– Ce n’est pas ce que j’ai dis.

Son frère répondit après trois sonneries :

– Ray?

– Harold? C’est toi? Ta voix n’est pas pareille.

Non, elle n’était pas pareille. Elle tremblait de frayeur. Harold prit une longue respiration et lui confessa son angoisse.

Vous avez quelque chose qui m’appartient.

Harold raccrocha brusquement. Son cœur battait la chamade. Ce n’était pas Raymond qu’il venait d’entendre. C’était cette voix informatisée utilisée à toutes les sauces par la compagnie de téléphone.

Il était devenu fou, la preuve était établie.

Jour 16

Harold sauta dans son véhicule pour aller rejoindre Murielle à l’hôpital. Elle avait raison, il devait consulter le psychiatre qu’elle lui avait suggéré. Mais pour cette nuit, il voulait des somnifères afin de dormir en toute quiétude.

Harold roulait à vive allure sur une route de campagne déserte. La pénombre entre chaque village ne l’effrayait pas. Tout compte fait, c’était une bonne chose, il pouvait uniquement voir ce que ses phares éclairaient.

– Bonsoir Harold.

Harold reconnut ce timbre de voix. Il regarda dans le miroir du pare-brise. Il n’avait pas la berlue, l’étranger était assis sur la banquette arrière. Comment avait-il réussi à entrer dans sa voiture? Il n’était pas là dix secondes auparavant. S’était-il couché sur le siège, à l’abri des regards?

– Vous avez quelque chose qui m’appartient, demanda le passager en fixant droit devant lui.

– Non, je n’ai rien qui vous appartient, hurla Harold en dévisageant l’intrus. Je ne vous connais pas et je ne vous dois rien.

L’homme ne broncha pas et se contenta de dire :

– Si vous aviez accepté de m’écouter la première fois quand nous nous sommes vus, vous ne seriez pas mort avec tant de douleur.

– Allez chez le diable! Je ne suis pas mort à ce que je sache.

Harold vit l’étranger sourire : une peau laiteuse, avec absence de lèvres et d’un menton. Était-ce vraiment de la peau? Harold s’essuya le front avec le revers de la main. Il était effrayé et avait incroyablement chaud. L’homme continua :

– Vous devriez regarder à l’avant.

Harold obéit et vit un animal traverser la chaussée. Il donna un vif coup de volant à droite.

– Vous auriez dû attacher votre ceinture, sermonna l’étranger.

Ce n’était plus le temps de donner des conseils. Les pneus s’engagèrent sur l’accotement et Harold tourna en direction opposée dans l’espoir de revenir sur la route. Sa tentative échoua. La technique déstabilisa le véhicule qui entama plusieurs tonneaux. Harold fit éjecté par le pare-brise et s’écrasa à une trentaine de mètres de l’impact.

Il était grièvement blessé; hémorragie, traumatisme crânien et fracture ouverte aux jambes. Personne ne viendrait à son secours avant plusieurs heures. Son corps ne serait découvert qu’au lever du jour. Harold se lamenta plus de trente minutes avant d’expirer.

Le passager poussa la portière de la carcasse de l’automobile et s’approcha du cadavre sans afficher la moindre émotion. Il sortit un crayon et un calepin et inscrivit le nom de la victime sous celui d’individus décédés précédemment. Il était heureux d’avoir un nouveau mort à sa collection. Il remit son livret dans la poche intérieure de son manteau et quitta l’endroit. Quelqu’un, ailleurs sur la planète, avait quelque chose qui lui appartenait.

*

Vous avez aimé ou pas? Ce serait gentil de me le dire!

jeudi 23 février 2012

BD André Arthur


J'ai souris quand j'ai mis la main sur cette vieille bande dessinée mettant en vedette Arthur Leroy, Marc Simono et l'inspecteur Leclerc. Ah, ces vieilles boîtes qu'on accumule et qu'on oublie leur contenu!

L'action se passe autour de la station CHRC 80 qui, en 1984, dominait les BBM à Québec.

Amusez-vous à lire les quelques pages que j'ai scannées.

Mario Malouin était le dessinateur et le scénariste.





mardi 21 février 2012

Nouvelle : Lutte à finir

Acceptée par la défunte revue Biscuit Chinois, refusée ailleurs parce que trop régionale et personnelle, je partage avec vous ma nouvelle mettant en vedette moi-même et mon alter ego.

Lutte à finir

Tu es mort. Mort et enterré. Il subsiste de toi que de vagues souvenirs. Quand tu deviens nos-talgique, tu visionnes tes vidéoclips sur YouTube et feuillettes les quelques magazines ou journaux dans lesquels tu es apparu, mais pour moi, ce moment ne provoque aucune émotion.

À l’époque, on parlait de toi partout dans la province. Tu as réalisé des prouesses extraordinaires. Tu as dominé le sommet des palmarès pendant près d’un an. Les bars où tu as donné tes spectacles étaient remplis à craquer. On te reconnaissait à chaque coin de rue et ce, plusieurs fois par jour. Bravo, je t’en félicite.

Ta popularité est disparue aussi vite qu’elle est apparue. On dirait que c’était hier. Voici le côté triste du vedettariat : un produit de consommation immédiat qui ne laisse aucune trace. Je n’ai aucune honte à l’affirmer, tu es chose du passé.

J’écris ces mots pour te faire comprendre que ton petit numéro ne m’intéresse plus. Des gens t’ont promis un retour sous les feux de la rampe, mais ce but semble plus difficile à atteindre que prévu. Pourquoi? Parce qu’il manque une personne : moi!

Ne comprends-tu pas qu’il faut savoir décrocher?

Le chien quitte le confort du divan. Il a entendu un bruit. Il monte quelques marches afin de pouvoir observer par la vitre. Il branle la queue, ce qui signifie qu’il reconnaît la personne qui s’en vient.

Tu débarques chez moi chaque fois que ma décision t’irrite. Ce conflit a assez duré. Il est temps d’y mettre un terme. Ce rôle n’est plus le mien. Il ne l’a jamais été.

Je comprends mieux les déchirements de Peter Parker entre combattre les méchants ou visiter tante May.

Je doute qu’il soit possible de compléter ce texte sans confrontation. Je regarde à l’extérieur. Je remarque ton vieux gilet de hockey bleu, que le monde confond avec celui des défunts Nordiques de Québec, et ta casquette élimée des Rockies du Colorado, l’équipe de baseball, pas les prédécesseurs de l’Avalanche où évoluait Lanny Mcdonald, un joueur à la drôle de moustache blonde.

Tu sonnes et attends que je réponde. Je voudrais t’ignorer, mais tu appuies sans cesse sur la sonnette. Si je ne me lève pas, tu ne partiras pas. Tu es tenace quand tu es contrarié.

Je t’ouvre la porte. Tu me fixes directement dans les yeux. Ton menton carré, ta cicatrice sous le nez et ta bouche sans sourire, je croirais voir mon reflet dans un miroir.

Certes, tu es plus jeune et tu as moins de cheveux blancs, mais c’est la seule chose que je t’envie.

D-Natural est ton nom. Je le sais trop bien.

La mélodie de cette chanson joue dans ma tête. Je me retiens de fredonner les lignes de ta célèbre chanson, juste pour te narguer.

— Qu’est-ce que tu veux? je demande.

— Fais pas semblant de ne pas le savoir! que tu grognes.

Mon indifférence empourpre tes joues. Je te répète ce que je t’ai dis dans une précédente discussion :

— Tu es une invention de la télé, une vision d’une équipe qui a eu droit de vie et de mort sur ton existence. C’était une belle expérience, maintenant, c’est fini.

Tu serres les poings et les dents. Je renchéris :

— La jalousie, les menaces, l’intimidation, la diffamation, les vautours qui tirent sur ta chemise dans l’espoir de récolter un brin de succès. As-tu déjà tout oublié?

Tu pénètres dans le portique sans me demander la permission. Je recule de quelques pas, surpris par ton intrusion. Habituellement, tu demeures passif et retournes dans les limbes de mon imagination.

Tu fonces sur moi et tends un bras à la dernière seconde. J’encaisse ton coup de la corde à linge et tombe sur le plancher de céramique. Ma tête a cogné sur un coin de l’escalier.

Le chien se met à aboyer. Il n’aime pas la bagarre. Il ignore que ton geste est une question de survie. Plus que jamais, tu es déterminé à me faire revenir sur mon choix, à t’accorder un sursis, même si presque plus personne ne parle de toi.

Notre époque va si vite et on consomme à une vitesse effrénée… Littérature, musique, film, amour, amitié, emploi, jeu vidéo, tout est remplaçable et rapidement oublié. Tu ne fais pas exception.

Tu me donnes un coup de pied dans le ventre. Je me recroqueville et cherche mon souffle.

— Je t’ai connu plus courageux, que tu me cries en bougeant tes mains vers le haut pour m’encourager à me relever. Qu’est-ce que tu attends pour me remettre sur la carte?

Tu m’as toujours blâmé de ta retraite forcée. Tu crois encore que j’avais un droit de regard sur la décision de bouder tes dernières productions? Cesse de faire l’autruche. Ça ne devait plus être assez payant pour eux.

— Le passé ne me manque pas, que je rétorque. C’est toi qui es incapable de faire ton deuil.

Tu sautes sur moi en grognant. Je roule sur ma droite et ta descente du coude se termine sur la céramique. Tu as mal, ça a claqué fort. Tu es si prévisible!

Est-ce que le nom de The Natural t’évoque un souvenir quelconque? Laisse-moi te rappeler tes origines. C’est grâce à lui que tu es né. Tu viens de ma passion pour la WWF de la décennie 90, avec le Honky tonk man, le géant Ferré et les Fabuleux frères Rougeau. J’ai inventé ton pseudonyme d’un jeu de lutte inspiré de Donjons et Dragons que j’avais créé avec un ami. Pourquoi penses-tu que j’ai évité cette attaque? Je savais que tu allais faire cela. Comprends-tu que je lis en toi comme dans un livre ouvert?

— Benoit Bourdeau est un quidam pour la population, pas moi! vocifères-tu, la bouche tordue par la douleur. Hier encore, une jeune fille de dix ans t’a reconnu parce que son père lui a parlé de moi.

Oui, je l’avoue, la situation était cocasse. Mais si tu ne parviens pas à tourner la page par toi-même, je le provoquerai! Tu n’es pas le premier à essayer de prendre ma place, j’ai l’expérience, tu sais.

Tu continues tes accusations :

— C’est toi qui as raté ton Stone Cold Stunner lors d’un gala de lutte. C’est toi que les gens visaient pendant un spectacle avec des bouteilles d’eau et des cailloux. C’est avec toi que les gars voulaient se battre à Jonquière. C’est aussi toi qui oubliais tes paroles dans les spectacles parce que tu étais trop nerveux. Quand tu me laissais intervenir, l’audience était conquise.

— Si le ridicule tuait, mon cadavre aurait été retrouvé une heure après mes balbutiements à la télévision. Malheureusement pour toi, c’est moi qui décide quand je t’utilise et non l’inverse.

Tu te relèves et ramasses le balai dans la garde-robe. Je me faufile dans le salon. J’ai besoin de place pour éviter tes assauts. Je tente encore de régler ce conflit de façon pacifiste :

— J’écris des histoires maintenant, plus de chanson ni de spectacle. Ce n’est pas facile, mais j’aime travailler à mon rythme sans endurer des fanatiques et des frustrés autour de moi. C’est bien différent de la musique. Je suis plus timide que cela ne le paraît. Cesse de m’accuser de tes erreurs et de t’approprier les bons coups. Reste sur ton nuage si tu veux, mais ne m’inclut plus là-dedans!

Tu ignores ma demande. La colère guide tes actes. Tu agites le manche dans tous les sens. Tu accroches la lampe. Elle tombe sur le linoléum, l’ampoule éclate en morceaux. Le chien se réfugie sous l’escalier, les oreilles basses, la queue entre les pattes.

Je suis acculé au pied du mur. Je n’ai aucune fuite possible. Tu m’envoies le manche dans les côtes. Je plie en deux, les bras appuyés sur mon abdomen. Tu t’installes dos à moi et me saisis par la nuque. Tu profites de l’occasion pour me montrer que TOI tu as le talent pour faire le Stone cold stunner. D’un élan, tu te laisses tomber sur les fesses. Je me retrouve une seconde fois sur le plancher, le menton en compote.

— Écoute-moi bien, Benoit, tu as joué à la vedette en 2003 et j’exige que ça continue. Vas-tu entrer ça dans ta tête?

Je refute ton ordre. Ça ne t’a pas suffi que les bonzes de la musique te balancent à la porte aussi vite qu’ils te l’ont ouverte?

Je sais que tu as besoin de cette reconnaissance et le sevrage a été trop drastique. Tu es en manque. Chaque jour accentue ton impatience.

Pas question que tu me frappes à nouveau. D’un vif élan, je pousse la chaise d’ordinateur sur toi. Tu perds l’équilibre et bascules sur le dos. J’en profite pour t’attraper par les chevilles. Je glisse mon pied gauche à l’intérieur de tes cuisses, le dépose proche de ta taille. Je croise tes jambes et essaie de te tourner sur la droite. Tu résistes.

Ma volonté te surprend et je réussis à t’amener face contre terre. Je m’accroupis et descends mes fesses à quelques centimètres de ton bassin. Avoue que tu ne t’attendais pas à cette prise : le sharp shooter!

— Lâche-moi, m’ordonnes-tu en gémissant, tu ne peux pas m’utiliser comme bon te semble. Moi aussi, j’ai le droit de vivre!

— Te rappelles-tu ces dernières années?

Tu gardes le silence.

— Les prochaines seront identiques.

— Traître!

J’augmente la pression sur le bas du dos. Tu m’arroses d’une pluie de jurons.

— Vas-tu enfin me ficher la paix?

Avoue que ce n’était pas la finale que tu espérais? Tu me demandes d’arrêter, tu as le dos en compote. J’accepte. As-tu compris que c’est moi qui tiens les rênes?

Je t’accompagne jusqu’au seuil de la porte. Tu masses tes hanches. Ne t’inquiète pas, demain, la douleur sera partie.

Je soupçonne qu’un jour tu reviennes tâter le terrain. Encore une fois, je serai là pour que tu te souviennes que ton personnage ne prendra jamais ma place. Tu me lances un regard réprobateur. Je lève la main et te dis :

— Ne pleure pas, mon D, la vie est belle, même en has been!

*

Tant qu'à les laisser dans l'ordinateur, aussi bien les partager avec quelques lecteurs. Bien sûr, tous les droits de ce texte m'appartiennent ;-)

lundi 20 février 2012

Accrocher les jeunes

Mon billet fait suite à un débat fort intéressant qui a débuté sur Facebook au sujet du taux alarmant de décrochage scolaire.

Ce que je vais partager avec vous est la vision, l'observation et l'expérience d'un père pendant le processus du primaire. Il est possible que je répète des extraits d'anciens billets de ce blogue.

Je vais essayer d'être le plus objectif que possible, mais je vais aussi vous offrir mes réflexions selon les cas et les évènements. Certains vous fâcheront, mais j'espère surtout qu'ils feront réfléchir.

Maternelle

Mon fils étant ce qui l'est, c'est-à-dire un enfant qui ne s'intéresse pas à grand-chose autre que l'informatique et les jeux vidéo et ce, depuis son plus jeune âge, l'enseignante avait un choix restreint d'options qui pouvaient capter son attention. Dès les premiers mois, il a été classé catégorie 5, ce qui veut dire un cas lourd et compliqué.

L'enseignante travaillait bien, mais fiston faisait souvent des crises de panique et pétait les plombs.

Souvent exclu de la classe, on recevait des appels de l'école pour aller le chercher parce qu'il était devenu incontrôlable.

Il a été suspendu quelquefois. Oui, oui, vous avez bien lu, suspendu à la maternelle comme si un employeur sévissait contre un employé et que je jouais le rôle du syndicat pour le défendre!


Première année

Dans la première semaine de l'année scolaire, mon fils réussit à tromper la vigilance de l'éducatrice de la garderie. Profs, éducatrices et autres membres du personnel enseignant ne l'ont pas vu. La panique s'installe, où a-t-il pu passer? Dans la phobie des pédophiles en liberté, on craint le pire. La police arrive à l'école. L'école, moi et maman fournissons les renseignements aux autorités.

Après une heure de recherche, on retrouve mon gars chez le voisin de sa mère, il était revenu seul. On a eu une bonne frousse!

À l'école, je ne doute aucunement de la compétence de la jeune enseignante, mais au delà de l'éducation elle n'avait aucune capacité à discipliner ni aucun contrôle ou intervention à faire avec un enfant turbulent.

Puisque garçon+turbulence=ritalin, la directrice, une femme que je n'appréciais guère, nous a forcé à consulter un pédopsychiatre. Si je ne donnais pas ce médicament à mon gars, il était suspendu jusqu'à nouvel ordre.

Nous avons donc consulté le pédopsy référé par l'école. Ce jour-là, pour une raison que j'ignore, mon garçon était incontrôlable. Il courait partout, agrippait les coussins qu'il nous lançait, sautait sur le divan, moi et sa mère n'arrivions pas à le calmer.

Le pédopsy, écraser comme un ado sur sa chaise, le menton entre le pouce et l'index, a regardé la scène sans dire un seul mot. Après 10 minutes, il a lancé ritalin et a rempli la prescription qu'il nous a donnée.

Aucun autre rendez-vous, aucun suivi, prends les pilules et laisse-moi tranquille. Je bouillais. Je savais que mon garçon avait un trouble de comportement, j'étais prêt à faire les efforts pour l'aider à s'améliorer, je travaillais en équipe avec la professeure débordée par l'attitude à mon fils. Vers la fin de l'année, il était caché des autres élèves par une bibliothèque et il y avait un carré imaginaire dans lequel mon fils ne pouvait sortir et les autres enfants entrer, complètement grossier comme idée.

Nous avons donc donné le minimum inscrit sur la prescription. Ça ne faisait pas grand-chose, le médicament est ajusté selon le poids de l'enfant. Tête de cochon comme je le suis, j'ai fait un 180 quand la directrice m'a dit que le comportement de mon fils s'était amélioré, mais qu'il fallait lui en donner plus.

Ah oui? T'es qui toi pour décider si sa dose est correcte ou non? Une pédospy recyclée en directrice d'établissement scolaire?

La vérité c'est que les enseignantes ont peut-être trop d'élèves par classe et tout le monde doit écouter sans dire un mot... comme une fille. Désolé, un gars ça bouge, ça se tortille et ritaliniser nos jeunes pour en faire des filles dans cette société féminisée et matriarcale, nous donne un bel indice du peu d'estime que les femmes ont pour les hommes. Est-ce que les féministes veulent se venger pour tout le mépris dont les femmes ont été victimes pendant des siècles et je dirais même plus, au Québec, voilà moins de 100 ans? Discrimination positive pour le marché de l'emploi et ritalin pour les garçons dans les écoles.

J'avais décidé que je tiendrais mon bout.

Deuxième année

Pas mal les mêmes problématiques qu'en première année. C'est l'année dont j'ai le moins de souvenir, pour ne pas dire aucun. Seule différence, sans avertir l'école, nous avons cessé de donner la médication. Bien sûr, fiston a sauté quelquefois un gasket et s'est fait suspendre quelques jours. Je trouve ridicule que l’école envoie les problèmes chez les parents.

Je doute de ce que vous pensez, je suis le parent et je dois m’occuper de mon enfant. Vous avez raison, mais pour un enfant de 7 ans, est-ce que suspension voudrait dire jour de congé tandis que pour moi, c’est trouver une place pour le faire garder pour que je puisse travailler sinon mon bon employeur va me discipliner.

Pour le reste, il n'y a aucune différence majeure. Ce pourrait-il que le problème ne soit pas un TDAH?

Troisième année

L'année scolaire commence avec un nouveau directeur et une enseignante remplaçante. La prof bénéficie d'un congé de maternité. Peu à peu, petit bout par petit bout, la prof réussit à apprivoiser mon gars. Malgré les difficultés, surtout l'écriture où tous ses textes ont l'air de brouillon, l'année commence bien.

Rebondissement, la prof décide de ne pas prendre son congé de maternité et prend la place de sa remplaçante. Heureux hasard, je connais la prof, j’ai été à l’école avec elle! Elle m’explique qu’elle arrive de Montréal, dans une école multiethnique, dont elle était la seule québécoise dans sa classe, et que le comportement de mon gars ne l’effrayait pas.

Sa technique semble bien fonctionner. Sans médication, les journées se passent bien et les résultats sont satisfaisants. Déception, la prof quitte à nouveau. Elle est enceinte…

Elle a bumpé sa remplaçante, qui s’est replacée ailleurs, pour retomber enceinte 2 mois plus tard? Personne ne me fera croire qu’elle ne savait pas qu'un autre enfant faisait parti de ses projets.

La nouvelle remplaçante arrive et c’est un échec. Le bordel recommence. C’est aussi l’année de la fellation entre 2 garçons de la maternelle. Il y a une rencontre spéciale. Moi et sa mère sommes présents. La salle est presque vide. Le directeur, un peu dépassé par les événements, tente de calmer les parents.

À la fin, je rencontre le comité de parents ou plutôt le comité de mères. Je leur parle de l’importance de faire bouger nos jeunes, surtout les garçons, avec l’activité physique, les garçons auront moins besoin d’être ritalinisés. La dame est entièrement d’accord. Elle m’avoue que son comité pensait déjà à une solution, que ça s’en vient.

À ma connaissance, rien n’a été fait.

Quatrième année

J’ignore comment l’enseignante a réussi à captiver mon gars, mais la 4e année a été de loin la plus facile et la plus le fun. De bonnes notes, un bon comportement, aucune médication, aucune discussion pour rencontrer un pédopsy. De toute façon, nous sommes sur la liste d’attente à l’Hôtel-Dieu-du-Sacré-Cœur.

Cinquième année

Le cauchemar est de retour. J’ai l’impression que les élèves acquièrent de nouvelles choses aux deux ans. Ici, le calcul de fraction pose d’énormes problèmes. Mon fils arrive à la maison, garoche son cartable sur la table et me dit :

« Papa, aide-moi! »

Le hic, c’est que Papa n’a pas vu de fractions depuis 25 ans et qu’il y a eu environ 10 réformes depuis ce temps. Donc, une journée que mon fils fait de la récup, je me présente en classe et j’apprends moi aussi la nouvelle façon de procéder pour aider mon garçon la prochaine fois qu’il me le demandera.

L’enseignante remarque les difficultés de mon fils à sociabiliser, à se valoriser et à accepter les travaux scolaires, surtout quand ceux-ci demandent effort et comportent de la matière nouvelle. Le hic, c’est que mon gars capote tellement sur les difficultés rencontrées dans les exercices en classe qu’il passe la majeure partie exclu du cours à cause de trouble de comportement.

Lors d’une rencontre de parents, l’enseignante en parle avec moi et sa mère. Le directeur est présent et pour la première fois en 6 ans, il m’inspire confiance et semble aimer les enfants et désire participer à leur réussite.

Le comportement de mon gars influence ses notes scolaires à la baisse. Le directeur propose de faire des démarches pour que mon gars participe à une classe avec moins d’élèves, une enseignante et un intervenant (oui, un homme!).

Sixième année

Mon gars a été accepté dans ce groupe. Il déteste cela, il se sent catégorisé et exclu des autres classes. Sa relation avec ses pseudos amis avait commencé à se détériorer en cinquième année, mais en sixième, c’est la débandade. Les élèves le pique avec des sujets judicieusement choisis parce qu’il fera le show avec un pétage de coche.

Classe de mongole, asile, fou, prison, tuer à la mitraillette, tous des thèmes que j’entends durant l’année. Pour avoir notre place à Sacré-Cœur, nous devons passer par une T.S. au CLSC de Charlesbourg. J’éviterai de raconter ce que je pense de cette femme.

L’année est marquée de haut et de bas. Lors des rencontres récapitulatives avec la prof, l’intervenant, le directeur, l’orto, le psychologue de l’école et moi-même (sa mère ne s’impliquant plus), les gens demeurent positifs malgré une année difficile. J’aime leur attitude.

À Sacré-Cœur, mon fils m’avoue qu’il dit à la pédopsy et son assistant ce qu’ils veulent entendre. Les rencontres, au nombre de une par mois, ne servent à rien. De plus, je suis seul dans ce dossier, sa mère abandonnant le processus parce que, selon elle, cela n’avance à rien. Ce qu’elle ne m’avait pas dit, et qu’elle avait sûrement en tête, elle quitte pour retourner vivre sur la Côte-Nord à l’été. Dans cette région, aucun intervenant ne peut assurer un suivi de qualité à mon fils.

J’ai même su que sa mère ne s'était pas présentée au dernier rendez-vous. Je suis seul à combattre, mais je sais que je peux y arriver.

Secondaire un

Peu après la rentrée scolaire, je contacte la directrice-adjointe et je lui débite tout le CV de mon gars. Depuis, aucune nouvelle. Sa mère ne me dit pas toujours la vérité, mon fils ne voulant pas parler d’école, c’est difficile pour moi de savoir où on en est rendu. Je vais tout savoir quand ça va péter pour vrai, chose que je souhaite qui n’arrive jamais.

Conclusion

Je crois que j’ai fait tout ce qui est humainement possible pour un père envers son fils. Surtout que le fils ne veut rien savoir. Propos suicidaire depuis son jeune âge (plaisant de donner la vie quand l’enfant ne pense qu’à la mort sans nécessairement comprendre le sens), problème de comportement majeur et d’estime de soi, refus de toutes activités physiques, les parents font ce qu’ils peuvent avec leurs enfants, pas ce qu’ils veulent. Surtout quand ceux-ci sont fermés à l’idée de collaborer.

Et avec l'entité tentaculaire appelé DPJ, les enfants connaissent mieux la signification de ces 3 lettres que le respect envers les adultes.

Chères professeures, vous semblez oublier que vous passez plus de temps que nous avec notre enfant et sur certains points, vous le connaissez mieux que nous. J’ai toujours appuyé les professeures dans leurs démarches et quand je trouvais cela fou, j’en parlais avec elle, pas avec mon fils ni devant lui.

Ma mère a toujours cru uniquement les enseignantes, précisant que ce sont des problèmes d’enfants et que ça doit rester ainsi. J'ai dû prendre du ritalin en 2e année du primaire, donc en 1982. Elle n’a jamais rien compris jusqu’en secondaire cinq quand j’ai cessé d’aller à l’école (68 absences en 3 étapes contre 4 ou 5 les années précédentes). J’avais une raison de ne pas vouloir y aller. J’ai demandé à ma mère de me changer d’école, mais seul le portefeuille comptait parce que je pouvais revenir dîner à la maison et aller à l’école à pied. J'ai 37 ans et dernièrement elle a avoué du bout des lèvres que mon fils avait un comportement pire que le mien, mais elle croit encore à la philosophie "les problèmes d’enfants ne sont pas si graves que ça et que j’exagérais les miens". Triste.

Voilà pourquoi je m’implique dans l’éducation de mon fils. J’appuie les professeurs dans leurs démarches, mais quand ça ne marche pas, je ne me gêne pas pour leur dire. Depuis le temps que vous me lisez, vous savez que je n’ai pas peur de mes opinions.

Une autre grosse problématique est le manque de professeur masculin. L’enseignement est sous le joug féminin. Beaucoup de bons profs ou profs en devenir vont réorganiser leur plan de carrière par peur de passer pour un vieux cochon ou se faire faussement accuser par une ado révoltée par ses mauvaises notes. Le prof sera immédiatement accusé. L’habillement sexy cause un autre problème. Elle a beau avoir 15 ans, si elle se montre la craque de boules, tu vas la regarder. C'est moins pire maintenant, sauf que c’est stupide d’interdire le port d’un chandail avec une tête de mort (on a tous un crâne, non?). Comme si le fait d’avoir un crâne sur le torse amènerait à tuer tout le monde.

Dans un article de journal, voilà quelques années, un groupe de pression féminin dénonçait le manque de femmes dans un cours universitaire. Pourquoi ne fait-on pas pareil avec les hommes quand l’inverse arrive? Ce qui est pas mal partout maintenant. Si je comprends bien, que les hommes soient minoritaires, pas grave, les femmes, oh les méchants pénis!

Les parents ont un rôle à jouer. Absolument d'accord avec ça. L’école aussi. Pas une suspension ou des trucs du genre, ça prend des gestes concrets. Je crois que trop de parents banalisent l’éducation et les règles de vie. Comme les policiers, les enseignantes ont peu de manœuvre dans la discipline et trop en faire pourrait aboutir devant les tribunaux.

Que voulons-nous au juste? Une société juste et équitable ou une société molle et discriminatoire? Dommage que peu de monde liront ces lignes pour se poser la question.

mercredi 15 février 2012

Une journée à oublier

Hier, j'ai vécu une journée d'enfer. Ceux et celles qui consultent mon Facebook ont dû le remarquer, je n'avais pas d'humeur. Juste dommage que mon statut de frustration envers la SAAQ ait viré en débat souverainiste vs fédéraliste, gauche vs droite...

Vous pensez que j'aime Stephen Harper? Que je suis un colonisé? Un conservateur? Vous avez le droit. Moi, je n'ai pas oublié la loi spéciale de l'été passé et les fausses négociations parce que je crois que l'employeur savait que le gouvernement interviendrait en sa faveur.

La journée a mal commencé au travail. J'arrive sur ma route et il restait un bac de lettres non triées de la veille. Pourquoi? Simple, l'employeur cherche par tous les moyens à diminuer ses dépenses et l'intimidation ainsi que la gestion des heures supplémentaires sont les manières préconisées.

Intimidation? À livrer du courrier? Oui et c'est intense. Incroyable l'imagination que l'employeur déploie pour taper sur la tête de ses employées et ses employés. Si la personne manque trop souvent au goût de l'employeur, il la convoque en entrevue dans le bureau pour la "sensibiliser". On lui raconte que sa présence est indispensable pour le succès de l'entreprise, lui montre un tableau de gestion de l'assiduité et bla bla bla. La convention collective accorde 10 jours de maladie par année sans certificat médical et donne le droit à l'employeur de nous parler de notre bilan rendu à 7. L'employeur procède bien en deçà de ce chiffre.

Ma mère travaillait au ministère du revenu du Québec et elle pouvait dire le mercredi à son superviseur qu'elle serait malade le vendredi. Sans compter les gens qui partent à la retraite 6 mois avant leur temps parce qu'ils doivent écouler leur banque de maladie.

Dernièrement, l'employeur a décidé de chronométrer les gens pendant leur classement. Il a créé une norme à atteindre. Une autre façon de provoquer des frictions, du stress et des maladies comme une dépression ou un burn out. Je ne comprends pas cette persistance à frapper sur ses employées et ses employés au lieu de les aider à être heureux et fier au travail. Pourtant, quelques semaines dans l'année, vous pouvez voir la mention Santé mentale sur l'oblitération de votre timbre. Ironique, n'est-ce pas?

Revenons à mes lettres non classées. J'ai beau être dans l'exécutif syndical, quand j'arrive dans mon casier et que j'ai été absent la veille, je m'attends à ce que toutes mes lettres aient été livrées. Ton travail est de livrer tout le courrier à toutes les adresses sauf si l'endroit est inaccessible ou dangereux pour ta sécurité. Partout, partout, partout!

Les lundis sont des journées de débordements de courrier (avec exagération) et nos bons superviseurs donnent comme conseil de laisser du courrier pour le lendemain.

Puisque je dois m'absenter souvent, des fois une journée au syndicat, une autre sur ma route, la troisième au syndicat, j'aimerais et je m'attends à ce que le travail soit fait au complet. Pas d'histoire de laisser du courrier pour éviter les heures supplémentaires ni ne pas livrer à une porte parce que c'est glissant quand tout l'hiver ça ne l'était pas... Je comprends les gens d'obéir aux consignes, je ne leur en veux pas.

À la fin de mon itinéraire, je reviens au bureau et quelqu'un vient me parler. Il me demande de faire attention avant de dire que le travail n'a pas été fait, que la consigne avait été donnée à tout le monde. OK, je comprends, mais je considère que je n'ai pas à payer pour les décisions administratives d'un superviseur qui cherche à boucler son budget afin d'obtenir le maximum de sa prime annuelle.

Ma remplaçante ou mon remplaçant risque de diviser la route à son goût comme ne pas monter un deuxième étage ou laisser une publicité pour le lendemain. Tant qu'à y être, on va décider ce qu'on livre ou non selon notre humeur. Ça ne marche pas! Et puis, mettez-vous à ma place, c'est frustrant. Surtout qu'après lui avoir répondu que ma remplaçante ou mon remplaçant a un job à faire, qu'elle ou qu'il le fasse, je me suis fait dire de donner mon nom pour devenir boss! Je ne pense pas qu'il aimerait me voir avec une chemise bleue. L'employeur non plus d'ailleurs. Et je ne crois pas avoir la patience pour faire ça ni le calme pour ne pas critiquer une décision que je considérerais irréfléchie.

J'arrive à la maison, le téléphone sonne, une dame de la SAAQ retourne mon appel. Je lui explique mon cas : l'accident du 24 décembre 2011. En gros, je demande qu'on me rembourse toutes mes séances de chiropractie après le 24 décembre 2011 parce que l'impact a obligé la chiro à recommencer mes traitements.

La réponse de la fonctionnaire : ça prend une décision d'un médecin (embourber le système, obtenir un bout de papier, pour me faire dire ce que je sais déjà) et après cela, je pourrais peut-être avoir des indemnités. Après quelques minutes de discussion, elle m'avoue que la blessure n'a pas été causée par l'accident et je n'aurais pas droit à l'argent.

Pardon?

Ce qui est frustrant dans notre beau système, c'est qu'une victime comme un criminel a le droit à des indemnités. Moi, un honnête payeur de taxes, se voit refuser un remboursement tandis qu'un délinquant de la route pourrait y avoir droit s'il a des blessures corporelles. Je ne demandais pas un an de salaire, je demandais plus ou moins 200$.

J'ai dit à la femme que le Québec est génial avec ses lois, qu'on paie toujours pour les autres sans jamais profiter de ces programmes quand on en a besoin, que j'ai honte d'être québécois, etc. Ce qui est vrai. Elle m'a dit qu'elle préférait ne pas répondre et m'a raccroché au nez.

Aucun système n'est parfait, mais j'ai le feeling que c'est toujours les mêmes qui profitent des avantages sociaux ou que ceux et celles qui en ont besoin à l'occasion n'en retire qu'un maigre bénéfice.

J'aimerais tellement croire à la solidarité et pas juste syndicale ou partisane. Si le peuple se tenait debout, qu'on exigeait des changements pour nous, les gens de la classe moyenne pas juste les pauvres ou les riches, peut-être que notre premier ministre changerait ce système archaïque. Au lieu de ça, on laisse les politiciens monter tous les tarifs sans broncher afin de continuer à profiter de notre belle sociale-démocratie jusqu'à ce qu'un jour ça pète. Pourquoi le gouvernement? Parce que tout le monde se tourne vers eux dès qu'il y a un pépin. Regardez la loi sur l'intimidation, le gouvernement n'a pas d'affaire là-dedans. Des élections s'en viennent, Charest sera redoutable. C'est la seule place où il est bon. Il sera réélu.

J'ai commencé à comprendre comment fonctionne le monde et j'ai perdu ma naïveté lors de mes études au CÉGEP de Limoilou. Je vous rappelle les évènements que j'ai déjà écrit sur ce blogue, le 2 septembre 2010. J'étais en appartement sur la 7e rue, en face de l'église du St-Esprit transformée en école de cirque. Jacques Parizeau venait de prendre le pouvoir et Jean Campeau était son ministre des finances.

J'avais obtenu une bourse d'étude d'environ 800$. Je l'avais utilisé pour me loger et me nourrir. Pas pour blaster ou virer une brosse d'une semaine. Je n'ai jamais pris de drogue de ma vie et j'en suis très fier! Lors du rapport d'impôt, je devais estimer le montant que j'allais gagner pour l'année. J'avais estimé à 4000$, j'en ai gagné 5000$. Pas mal en dessous du seuil de la pauvreté, pas vrai?

Je reçois une lettre qui me dit que j'ai trop gagné et que je dois rembourser 700$ des 800$ donnés en bourse d'étude. Quoi? Offusqué, je me dirige à l'AGEECL qui me donne une tribune lors de leur assemblée à la cafétéria. J'explique ma mésaventure. J'ai des amis dans la salle qui entendent des étudiants mentionner qu'ils ont vécu une situation similaire et que j'ai raison. Je demande de l'appui. Combien pensez-vous se sont déplacés pour me soutenir?

Dites un chiffre.

Zéro. Oui, c'est ça.

J'ai été voir ma députée péquiste, qui comprenait et trouvait scandaleux qu'on me demande cet argent. Après plus de 3 mois, son attaché politique me rappelle pour me dire que c'est la loi et que je dois payer. Le plus amusant c'est qu'après ce délai, j'ai devais payer de l'intérêt. J'ai donc signé un chèque au nom de Jean Campeau 700$ + intérêts. J'étais étudiant...

Pourquoi je pense ainsi, que je désire autant de changement, que le Québec actuel surendetté me lève le coeur? J'aimerais qu'on soit les leaders dans les meilleurs domaines, pas dans le suicide ou dans la prescription d'antidépresseur. Malheureusement, la sociale-démocratie est tellement dans nos gènes que la liberté d'expression est permise seulement dans un sens... la gauche!

mardi 14 février 2012

The legend of Zelda - Skyward Sword (première partie)

Voilà quelques semaines, mon fils a acheté le dernier Zelda, un titre qui célèbre le 25e anniversaire de la franchise.

Je l'ai essayé un peu et je vous offre la première partie de mon impression.

Après avoir choisi un fichier de sauvegarde et un nom, le jeu commence dans un village quelque part dans l'univers de Zelda. Link, renommé Ben à cause du nom de fichier, se balade gaiement dans le village.

Dès le début, c'est pénible. Premièrement, ne trouvez-vous pas arriéré qu'en 2012 les personnages d'un jeu ne parlent pas? Juste de l'écriture. En français, c'est génial, mais j'aurais préféré que les personnages parlent et que la traduction apparaisse en bas de l'écran.

Deuxièmement, pourquoi qu'on nous donne pas l'épée et le chandail et qu'on nous envoie dans la forêt affronter des bibittes dangereuses? Au lieu de ça, il faut se pratiquer. Pratiquer à combattre avec des roulades, pratiquer à frapper avec l'épée sur un tronc d'arbre dans une salle d'entrainement, pratiquer les sauts, etc. Tous les exercices se passent partout dans le village. Si mon fils n'avait pas été là pour me dire où me diriger, j'aurais tourner en rond.

Dans ce monde imaginaire, il y a des oiseaux majestueux avec lesquels vous pouvez voler d'un endroit à un autre, mais dans cette aventure, vous aurez besoin de l'oiseau pour participer à un concours et gagner certains privilèges.

Sans oublier qu'il faut parler à des gens pour qu'ils nous apprennent l'utilisation de certains objets. Nous n'avons pas le choix d'interagir avec ces personnages sinon le jeu n'avance pas. J'ai beaucoup de misère avec ce genre de jeu lent à partir.

La Wii a beaucoup de difficulté avec le graphisme.

Le graphisme n'est pas impressionnant. Autant la Wii a eu du succès quand elle est sortie sur le marché, autant qu'avec l'arrivée de la Kinect et de la Playstation Move, la Wii a perdu tous ses avantages.

Nous savons tous que le public cible de Nintendo est la famille. Hormis quelques titres comme Resident Evil 4, le sang, le sexe et la violence ne sont pas présents dans les jeux. Pour les enfants, pas de problème. Les ados aussi. Mon fils semble aimer ce titre et il est bien avancé dans la mission.

Pourquoi ai-je indiqué première partie? Parce que je n'ai pas pu essayer le jeu ailleurs que dans le village. Pas d'énigme, de labyrinthe ou de monstres à battre. S'il y a une deuxième partie, ce sera à ce sujet. Jusqu'à date, pas impressionné. Zelda n'est pas mon bag!


Malgré ma critique incomplète, acheter ce jeu.

dimanche 12 février 2012

J'ai fait du ménage!

Ces derniers mois ont été très déterminants en toutes sortes de décisions :

  • J'ai cessé d'organiser le hockey cosom du dimanche matin au Patro Charlesbourg. Je joue maintenant le samedi après-midi au Centre St-Roch avec un autre gang et ça me fait un bien énorme de ne plus me lever le matin, courir après un remplaçant ou constater qu'on doit jouer 4 vs 4 parce que personne n'a appelé pour me dire qu'il ne sera pas présent.
  • J'ai averti mon confrère de travail qu'à sa retraite, ce n'est pas moi qui prendra la relève pour m'occuper du club social du bureau. J'étais son adjoint, je ne veux pas devenir le patron. Il a environ 6 mois pour trouver quelqu'un d'intéressé sinon plus de club.
  • J'ai abandonné l'écriture qui devenait pour moi un fardeau de plus en plus lourd avec de moins en moins de plaisir. Les fermetures d'éditeurs plus les refus qui s'accumulaient sans oublier les idées qui ne venaient plus ont eu raison de ma motivation. J'ai donc pris la décision de cesser toutes activités reliées à l'édition de proche ou de loin. Cependant, quand l'occasion se présentera, rien ne m'empêchera de participer à des activités comme celles de Québecsf. Ah oui, j'adore toujours lire!
  • J'ai perdu l'équipe de dekhockey avec laquelle je jouais dans le b. Nous avons été éliminés mercredi. Les 3 meilleurs marqueurs manquaient à l'appel et ce, pendant les séries éliminatoires. C'est bizarre de dire ça, mais c'est une bonne affaire qu'on aille perdu. Si on se rendait en finale samedi, le 3/4 de l'équipe ne pouvait pas être là. En outre, j'ai demandé au président de la ligue de me trouver une équipe dans le c ou le d, quelque chose à mon calibre. Trois équipes sont intéressées, j'attends une réponse. Je sais que je n'aurais plus le fardeau financier ni l'obligation de remplir les feuilles de match pour indiquer le numéro des chandails et les remplaçants.
  • Je vais me représenter dans l'exécutif syndical. Deuxième vice-président ou quatrième vice-président, je ne le sais pas encore.
J'avais un agenda bien rempli ces dernières années et alléger mes obligations me fait du bien et me donne la chance de mettre mon énergie ailleurs et qui sait, d'essayer d'autres projets un jour. Peut-être vais-je réécrire, peut-être vais-je redevenir capitaine d'une équipe, pour le moment, je m'occupe d'une personne qui a été négligée : moi.

mardi 7 février 2012

La fibre paternelle

Ils sont cutes, on les aime, ils nous ressemblent, ce sont nos enfants.

Et détrompez-vous, j'adore mon fils et je veux son mieux. Il me donne du fil à retordre, me pompe beaucoup d'énergie, ne fait rien d'autres que jouer aux jeux vidéo, devrait perdre du poids et bouger plus, mais à 12 ans, les parents ce n'est pas cool et on s'en fout pas mal!

Dernièrement, j'ai constaté que les enfants, ceux en bas de 5 ans, me laisse complètement indifférent. Quand il y a un bébé présent, ça ne m'intéresse nullement de le prendre dans mes bras et de faire des guilui guilui.

Quand bébé pleure, celui des autres, je deviens vite impatient.

Pour les sorties, je cherche les endroits où il n'y a pas d'enfants. J'ai perdu la fibre paternelle.

Les ados sont intéressants, avec leur quête identitaire et leurs réflexions plein de bon sens. Ça me fait rire de voir les garçons se promener nonchalamment aux Galeries de la Capitale, la casquette trop grande et les cheveux en bataille. Ça me fait le même effet de voir les adolescentes se promener en gang, maquillée et bien habillée, fière de leur apparence.

Des fois, je lis les commentaires sur Facebook de parents qui louange chaque action de leur progéniture. Chaque geste, du caca au lolo, est super important pour eux. D'accord, c'est normal, mais moi, ça me passe 100 pieds par-dessus la tête. Autant que ceux qui écrivent des trucs dans leurs statuts comme : laver le plancher check, manger un beigne check, peinturer le garage check, acheter un nouveau char check, tout ça dans la même journée, check... vous voyez ce que je veux dire?

Ça me fait rire aussi quand je lis des commentaires sur Facebook de parents idéologistes. Moi, ma fille ne fera jamais ça, mon fils ne touchera pas à cela, moi, je vais être autoritaire et elle va m'écouter, c'est la faute des parents si l'enfant est comme ça, etc. D'accord, ce n'est pas à l'État de s'en mêler, mais ne mettez pas toute la faute sur le dos des parents.

On fait ce que peut comme parent, pas ce qu'on veut. La réalité de 2012 n'est pas celle de 1912. Si l'enfant ne veut rien savoir, tu as beau l'inscrire à des cours de soccer, de karaté, de natation, de dessin, de macramé ou de peinture à numéro, ce sera un échec. Tu as beau le forcer à manger autre chose que de la junk food, tenter de le sortir du sous-sol, si l'enfant ne veut rien savoir, ça va être la guerre à la maison. Est-ce une vie de se chicaner tout le temps avec son enfant? Non.

Deux anecdotes : la nièce de mon ex a 2 enfants. Une fois, je me suis ramassé avec la floune dans les bras. 3 ou 4 petits galops et hop, elle était partie!

Quand j'ai été chercher mon fils à la gare du Palais, un flo n'arrêtait pas de pleurer. J'ai presque couru pour embarquer dans mon auto, mettre de la musique et partir.

J'aurais aussi aimé avoir une fille. Avoir le couple, quoi! Mais je n'ai plus la patience pour cela. Recommencer aux couches, à me lever aux 4 heures, être l'otage des gardiennes de la CSN, la poussette, le banc pour bébé, etc. Sans oublier la pression de la direction de l'école, l'intervention des lologues, la DPJ, les mauvaises enseignantes (oui, oui, ça existe!), etc. Juste y penser et ça me décourage. Mon fils aura 13 ans cet été, celui de ma blonde 14 ans dans quelques mois. On recommence à peine à vivre. Je lève mon chapeau à ceux et celles qui ont des enfants très tard dans leur vie parce qu’honnêtement, je ne le ferai pas. Oui, j'ai perdu la fibre paternelle.

lundi 6 février 2012

Lettre d'excuse de Kia


La lettre était accompagnée de 30$ de carte-cadeau chez Petro-Canada. C'est bien parce que ça ne me tente pas de continuer le combat et que je veux mettre mes énergies ailleurs, parce que, à mon avis, ce n'est pas suffisant pour le préjudice causé.

samedi 4 février 2012

La pensée unique

Cette semaine, le sénateur Boisvenu a déclaré que les cellules devraient contenir une corde pour permettre aux détenus de se pendre avec. Déclaration maladroite dans un contexte ultra-gauchiste de la horde journaliste québécoise et bien pensante.

Qu'est-ce que vous préférez? Un politicien drabe et menteur comme l'actuel pm de la province ou avec autant de charisme qu'une huître comme notre pm canadien? Encore pire, rêvez-vous d'un bébé incontrôlable qui ne parle plus à ceux qui ne pensent pas comme lui, qui offre des coups de poings dans le front aux échevins pendant une séance du conseil municipal et qui travaille comme maire d'une ville charmante, mais qui est, en réalité, un gros village.

Ces gens jouent du violon, ne disent pas tout haut ce qu'ils pensent tout bas et surtout, ils évitent de donner de la matière qui pourraient fragiliser leur position envers les journalistes et peut-être leur faire perdre la prochaine élection. Les médias contrôlent la pensée de la population. Ils sont très influents et peuvent faire chavirer une campagne électorale ou un projet quelconque s'ils décident que ça ne passe pas dans leur salle de nouvelles.

Le problème c'est que hormis quelques chroniqueurs ou éditorialistes, toute la horde journaliste-péquiste penche à gauche, rêve du communisme sur l'île de Montréal et flirtent avec le programme de Québec Solidaire.

Donc, le sénateur Boisvenu, l'un des hommes que je respecte le plus au Québec, a eu le malheur de parler avec son coeur. Nommez-moi 3 autres sénateurs juste pour voir si la population les connait! Vous n'avez pas réussi? Réjouissez-vous d'en avoir un qui réagit!

Mon cousin, qui passe ses journées à chercher des complots chez nos voisins du Sud, dirait que les endroits où la peine de mort a été abolie, le taux de criminalité a baissé. Comme cet article paru cette semaine qui expliquait qu'un condamné à mort coûtait plus cher qu'une perpétuité.

Je ne suis pas expert, mais les images qu'on voit à la télé indique que nos luxueuses prisons sont des hôtels offrant de belles facilités comme le câble, la muscu et l'Internet. Je n'ai vu personne casser de la pierre comme les Dalton ou ramasser des déchets sur le bord des autoroutes avec une chienne orange sur le dos.

Les journaux donnent de la place à Turcotte, un meurtrier d'enfants. Il devrait être mort lui aussi. Bernardo, meurtrier voilà une vingtaine d'années, devrait être 6 pieds sous terre. Sans oublier que sa conjointe du temps, Karla Homolka vit en liberté même si elle a offert sa soeur au meurtrier. Pickton en Colombie-Britannique et Lortie à l'Assemblée Nationale sont aussi de bons exemples.

Ce qui m'attriste dans tout cela c'est le peu de place qu'on donne aux familles éprouvées.

mercredi 1 février 2012

C'est juste un jeu

Les séries sont commencées et nous avons perdu une belle avance de 3-1 en troisième période.

Défaite d'équipe, oui, mais j'aimerais pousser la réflexion un peu plus loin.

Qu'est-ce que vous faîtes lorsque vous perdez le contrôle d'un match? Vous mettez la faute sur les arbitres. Ensuite, vous jouez en salaud en assénant de petits coups hors de la vue des officiels. Si l'adversaire reste discipliné, tu fonces dans son gardien dans l'espoir de le sortir de sa concentration.

Voici exactement ce qui est arrivé hier soir. Le joueur a chargé délibérément mon gardien qui est resté étendu sur la surface. Il a utilisé toute la minute de l'entracte entre la 2 et la 3 pour se remettre debout.

J'ai demandé à l'officiel de garder le contrôle du match pour ne pas que ça dégénère. Il m'a répondu avec une question :

- Est-ce qu'on fait notre job?

J'ai répondu que oui, mais qu'on travaillait tous demain et que je ne voulais pas que quelqu'un soit blessé. Ce que je ne savais pas, et ce n'est pas un cours de RCR de 2 jours qui peut te permettre de déceler cela, le mal était fait, mon ami et gardien de but avait une commotion cérébrale.

Il a gardé les buts pour permettre au match de continuer, mais il avait de la difficulté à conserver son équilibre. Ce qui devait arriver arriva, on a perdu.

Comme capitaine, j'ai écrit à la ligue pour demander la suspension du gars et l'annulation de la troisième période. J'ai aussi suggéré que les arbitres aient un cours pour voir ce genre de blessure. La conjointe de Pat, le gardien, a elle aussi écrit à la ligue.

Quoi qu'il en soit, c'est un jeu. Une blessure peut arriver, je l'admets, mais hier, c'était délibéré et j'espère juste que la ligue procédera à une enquête, punira le coupable et pourquoi pas, l'équipe adverse au complet.