samedi 5 mai 2012

Wendy Wagner - Tome 1 - Mort imminente - Michel J. Lévesque

Wendy Wagner, jeune Américaine de dix-huit ans, souffre d'un cancer généralisé. Pour assurer sa survie, elle acceptera la mission que lui confieront les anges : prendre la place de l'autre Wendy Wagner, celle de la Jehenn, une copie de la Terre créée par Dieu où règne le mal. Maintenant, elle doit trouver la personne qui cherche à informer l’Adversaire de la supercherie.

Vous comprendrez pourquoi j’ai publié ma nouvelle qui traite du mal. Le comité de lecture avait précisé son malaise à l'utilisation d'un mot aussi imprécis.

Dans ce livre, Lévesque revient continuellement avec le bien et le mal, le paradis et l’enfer, Dieu et Satan, etc. et malheureusement, il ne parvient pas à se distancer des clichés ni du déjà-vu.

Les histoires amoureuses des adolescentes et des adolescents m’ont ennuyé. D'accord, il peut être possible de vivre un triangle amoureux, Patrick aime Wendy qui ne l’aime pas, mais Juliette aime Patrick qui lui ne le sait pas ou l’ignore, mais les tentatives de drague comme associer une fille qui se prénomme Gretel à un gars dont le nom de famille est Hansel m'a paru maladroit. Beaucoup de pages passées sur ce sujet quelque peu redondant et inutile.

Quand on parle du mal extrême, notre génération et la précédente l’associent immédiatement à Hitler. Absurde. Déjà que le mal est difficile à définir, l’associer au Troisième Reich m’a paru facile. Le mal pourrait être les Vietcongs pendant la guerre du Vietnam, Saddam Hussein et ses généraux qui ont fait subir des atrocités aux minorités ethniques, aux assassinats pendant le génocide du Rwanda, les Talibans, aux victimes innocentes des guerres de motards ou de gangs, etc. Pourquoi ne pas utiliser, ailleurs dans l’Histoire, Napoléon, les confédérés, les forces de l’axe lors de la Première Guerre mondiale, Gengis Khan ou au cinéma, Dark Vader, Lord Voldemort, etc.

Je l’écris deux fois parce que je trouve cela important : utiliser les nazis, redéfinir et renommer les unités de combattants comme la Waffen SS, la Wehrmacht ou une autre était, à mon avis, une idée trop facile à exploiter et surtout facile à illustrer et à décrire.

Les trop rares scènes d'actions et les rebondissements valent la peine d’être soulignées. Elles sont bien pensés et bien amenés. Cela m'a plu. Sauf que l’auteur tombe dans de longues explications qui n'en finissent plus.

Par exemple, nous avons droit à des explications sur les anges qui racontent l'enjeu de protéger l'Éden du Jehenn. Les anges qui menacent Wendy pour qu’elles obéissent au plan avec des explications pendant 2 ou 3 chapitres. La nouvelle réalité géopolitique de la victoire du Troisième Reich maintenant dirigé par l’empereur c’est-à-dire Satan lui-même, etc.

Oui, cela nous permet de bien comprendre, mais cela a fini par me distancer du récit.

Pendant ma lecture, je n’ai pu m’empêcher de penser à la série Surnaturel. Écrire une telle histoire d’anges et de démons relève, en 2011, année de la publication, presque de l'exploit. Aurait-il été édité si ça avait été un auteur quelconque qui tente de publier son premier roman? Je vous laisse le loisir de lire ce roman afin de faire votre propre idée, la mienne est déjà faite.

Acheter ce livre.

7 commentaires:

  1. Derrière cette critique et ton intention de nous montrer un extrait de ta nouvelle, faudrait-il que l'on décèle un "pourquoi lui et pas moi"? Car si c'est le cas, tu l'as bien dit auparavant: parce qu'il est "connu", qu'il a déjà publié. C'est nul comme raison, mais ça fait vendre bien plus de s'appeler Michel J. Lévesque que Jean-Luc Gratien-Côté, par exemple.

    Hé oui, c'est un coup de marketing de la part de l'éditeur, rien de plus pour vendre du papier et de l'encre sous forme standardisée. Néanmoins, je dois reconnaître d'après tes commentaires que Lévesque ne semble pas avoir su reproduire le plaisir de lire Arielle Queen... je vais quand même me le procurer par curiosité, ou l'emprunter un de ces jours.

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  2. Oui, il y avait un pourquoi lui et pas moi, mais surtout une interrogation au pourquoi un comité de lecture donne les raisons que le mot mal les agace ou qu'un autre dit qu'il croyait avoir lu un extrait de Surnaturel.

    Dans Wendy Wagner, ce n'est que ça.

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  3. Cependant, je ne veux pas avoir la prétention de comparer mes modestes écrits à un auteur populaire comme Michel J. Lévesque. Il a atteint un niveau que je n'atteindrais jamais. Sauf qu'il est évident que dans toutes les sphères artistiques, l'auteure ou l'auteur connu prévaut sur celui qui essaie.

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  4. Voici un exemple (peut-être l'ai-je déjà posté) des raisons d'un refus :

    > On pourrait remplacer Steven et Dimitri par Sam
    > et Dean Winchester, et on croirait avoir affaire à un épisode de
    > _Supernatural_. Je ne vois pas l'intérêt de publier une imitation
    > d'épisodes de série télévisée dans Solaris. Moi, je veux publier du
    > Benoit Bourdeau. Ça ne veut pas dire que ça doit être un texte en
    > "je" qui met en scène un père de famille de Québec qui travaille aux
    > postes! J'ai rien contre une histoire de détectives du paranormal,
    > mais cette histoire-ci est une reproduction de ce que je vois à la
    > télévision, je n'ai pas entendu une voix personnelle.

    Je n'ai pas gardé l'autre raison du refus, celui sur le mal.

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  5. Et pourtant, on pourrait faire le même constat avec plusieurs romans d'auteurs connus, mais justement parce qu'ils sont connus (comprendre: vendeurs), ils sont publiés et on ne critique pas leur narration, leur personnages ou les motivations. Tandis que le "premier" roman/essai d'un nouvel auteur est scrupuleusement scruté sous TOUTES ses coutures, tout défaut est extrapolé et on tâche davantage de le mettre à l'écart plutôt que le guider vers une lancée plus profiteuse pour lui. Bref, l'éditeur tente d'offrir un refus doré au goût de miel au lieu de dire: t'es pas vendeur, oublie ça.

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  6. Il semble y avoir une donnée oubliée dans cette exposition des faits : c'était pas le même comité de lecture.

    Solaris est à l'avant-garde de ce qui se fait en SFFQ. Les grosses maisons d'édition suivent la vague.

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  7. @Gen Certes, Solaris n'a pas le même comité ni le même mandat, mais ce n'est pas un secret pour personne si j'affirme qu'un autre à succès publie ce qu'il veut et aura privilège sur ceux et celles qui essaient de faire éditer leur premier livre.

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