samedi 28 avril 2012

Les temps parallèles - Robert Silverberg

En 2059, Judson Daniel Elliott III, de Newer York, diplômé à Harvard et à Yale en art byzantin, devient Guide Temporel. Grâce à une ceinture chrono dissimulée sous ses vêtements, lui et les touristes temporels peuvent sauter d’une époque à une autre afin de regarder les différents moments de l’histoire de l’Humanité. Mais attention de ne pas créer de paradoxe…

Roman publié en 1969, cela fait drôle de voir comment l’auteur tente de décrire la modernité telle que vue à cette époque. Les touristes temporels veulent être témoin de la mort du Christ ou d’Hitler, observer l'invasion de cités comme Jérusalem ou Constantinople et même, pour un surplus tarifaire et une combinaison protectrice, se promener parmi l’épidémie de peste noire en Europe. Il y a un chapitre complet à ce sujet qui est complètement inutile au récit.

Évidemment, Silverberg ne connaît pas les évènements réels du futur comme le 11 septembre 2001 ou les 2 guerres d'Irak et qui auraient certainement attiré les touristes. Il ne connaît pas non plus les avancées technologiques comme l’Internet, le cellulaire, le iPad ce qui donne un non-sens à la description qu’il fait des objets du futur.

Comme bien des auteurs de science-fiction, on nage dans les hologrammes, la musique en cube et des bidules du genre qui font sourire le lecteur actuel par sa non-existence, et surtout le manque d’originalité.

Quand l'auteur parle de 1992, année de mes 18 ans, j’ai bien ri. Bref, la technologie mentionnée lors de ces années ne correspond pas vraiment à la réalité actuelle et je doute fort que ça lui ressemble en 2059. On peut bien vanter l’aspect visionnaire des auteurs et auteures de science-fiction qui ont inspiré la conception d’items comme le iPad ou le téléphone portable repliable, quand on relit un livre paru 40 ans plus tôt, on constate qu’il y a beaucoup d’absurdité.

Une chose est bien : les voitures ne volent pas!

Encore là, l’auteur ose utiliser une expression comme « Un pour tous et tous pour un! » ou mentionner qu’Elliott écoute du Bach, ce qui, à mon avis, est ridicule. Il aurait dit qu'il écoute Metallica et j'aurais trouvé ça ridicule! D'ailleurs, je remarque que les dessins d'ordinateurs ou de trucs modernes parus dans mes vieux comic books de super héros publiés dans les année 70, sont représentés par des formes géométriques. Idem pour la littérature de la même époque. La science-fiction utilise souvent la géométrie pour expliquer quelque chose qui n'existe pas ou qu'elle ne parvient pas à décrire adéquatement.

Dans ce roman, Silverberg prend environ 100 pages pour nous expliquer le fonctionnement de la ceinture qui permet le voyage dans le temps, les divers paradoxes, le mandat de la Patrouille Temporelle, l’embauche et la formation d’Elliott, son premier travail comme Guide seul et sans aide. On a besoin de ces pages pour bien comprendre, mais ça manque d’action, de rebondissements.

Sans oublier qu’au premier voyage seul d’Elliott comme Guide, on a droit à l’histoire byzantine abrégée ce qui constitue une longueur pour moi. Ce n’est pas un livre d’histoire que je lis, mais un roman de science-fiction. À vouloir rendre ça trop réel, on rend ça ennuyant.

Ennuyant ne veut pas dire désintéressant. Malgré cela, Silverberg a réussi à capter mon attention et à vouloir continuer la lecture. Surtout lorsqu'Elliott désire connaître ses ancêtres et profite de la nuit pendant que ses clients dorment pour faire des recherches.

L’auteur avait quand même une vision intéressante de la contraception masculine et le sexe en général. Tout le monde couche avec tout le monde sans vraiment prendre le temps de se connaître un peu. Un regard coquin et hop au lit! Je ne suis pas un historien, mais ces moeurs sont présents à toutes les époques décrites dans ce livre. Était-ce vraiment le cas en 1105?

Lorsque l’action commence, c’est-à-dire que notre Guide s’est mis dans le pétrin parce qu’un client a trafiqué sa ceinture et a sauté dans le temps en solo, on a droit à un branle-le bas de combat pour retrouver cet homme et rétablir la ligne du temps.

L’aspect du mariage à 12 ans chez les jeunes filles en l’an 1105 et surtout que notre client délinquant est un pédophile, décrit comme tel, mais jamais mentionné, on comprend que le « temps » presse! Je trouve que ce problème se règle trop facilement. Par contre, la fin est géniale!

Les temps parallèles est un bon livre divertissant, bien pensé, racontant et expliquant les effets des paradoxes temporels (comme se parler à soi-même ou se croiser en train de guider un autre groupe à la même époque. Ici, je me suis demandé comment il pouvait éviter d’être vu par lui-même puisqu’il retourne toujours aux mêmes évènements historiques et n’étant pas le seul Guide à y aller, il doit y avoir trop de touristes à la même place en même temps), j’ai bien aimé cet ouvrage de voyage dans le temps. J’aimerais bien lire d’autres ouvrages aussi léger et non apocalyptique.

Acheter ce livre.

4 commentaires:

  1. C'est spécial, car dans ta critique, je trouve plein de bons points, mais il n'y en a pas vraiment qui me donne envie de lire le livre. Pas que ta critique ne soit pas bonne, mais le fait que le livre a été écrit il y a si longtemps, que la musique se lit sur un cube, etc., tous ces gadgets que nous n'avons et n'aurons jamais, me sortirait du contexte de l'histoire. Qui plus est, le concept de la ceinture à voyager dans le temps me fait lever le sourcil à la manière de Spock. J'aime les histoires de voyage à travers les époques, mais l'approche elle-même ne m'attire pas vraiment... pas grave, il y en aura d'autres...

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  2. Souvent on peut lire que la réalité rencontre la fiction ou la science-fiction. Quand je lis de vieux romans de ce genre, j'en conclus qu'il y a tellement de choses qui a été dites qu'à un moment donné, l'auteur voit juste.

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  3. Je n'avais pas songé à ça et j'admet que ça m'aide à avoir un regard plus léger sur les oeuvres "passées"... dans un autre sens, Asimov a écrit ses livres dans les années 50-60 et pourtant, il est mon auteur de sci-fi favori... qui sait, je vais peut-être donner un coup d'oeil à Silverberg.

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  4. Je me souviens d'un livre ou d'une nouvelle d'Asimov qui se passait sur Vénus alors qu'on sait très bien que l'atmosphère est invivable. Probablement qu'à l'époque on ne le savait pas ou l'auteur l'a tout simplement ignoré ce qui, à mon avis, serait absurde.

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