mardi 10 avril 2012

Je suis une légende - Richard Matheson

L'humanité a été décimée par une terrible épidémie. Seul, emprisonné dans sa maison, Robert Neville est le seul survivant de la race dite humaine. Chaque nuit, les vampires viennent frapper à sa porte. Des visages connus, des amis, de la famille, des voisins. Chaque nuit est un cauchemar.

Tout d'abord, une première question s'impose : Est-ce que vous avez vu le dernier film du même titre mettant en vedette Will Smith? Effectivement, c'est un excellent film sauce Hollywood, mais le scénario est complètement différent du roman. Bien sûr, la version 2007 a modernisé l'aspect technologie, le roman est paru en 1954 et l'action se déroule en 1976, mais la chronologie, les choix du personnage, les explications scientifiques, la vie au jour le jour, la conclusion, chaque aspect a été biffé du scénario.

Bien des trucs comme s'aventurer à la bibliothèque au lieu de faire une recherche sur Internet (parce que les serveurs pourront continuer à fonctionner pendant un certain temps sans entretien véritable), l'utilisation du bottin téléphonique (presque devenu lui même une légende) sont des aspects obsolètes sur lesquels le lecteur refuse de s’attarder et qui ne nuise pas à l'histoire.

Neville est une homme blanc, aux yeux bleus, aux cheveux blonds. Il est un mélange d'ascendances anglaise et germanique. Il travaillait à l'usine ce qui était beaucoup plus commun en 1956 dans les petites villes, puisque bien des objets de la vie quotidienne sont maintenant fabriqués en Chine.

Neville boit du whisky pour oublier sa solitude, se fâche quand quelque chose ne fait pas son affaire, fume comme une cheminée, jusqu'ici, vous constatez que le film et le roman sont deux lignes parallèles qui ne se toucheront jamais.

Dans le film, les créatures sont non définies. Ici, Matheson parle de vampires, de suceurs de sang. Toute la ligne de défense de Neville est regroupée autour de l'ail, le pieux, la croix, l'eau, bref, tous des objets qui nourrissent l'imaginaire du vampirisme. On a aussi droit a des explications scientifiques claires et les vampires sont loin du comte Dracula!

OK, je cesse de comparer! L'histoire, son déroulement est racontée avec une telle habileté que le lecteur ne peut cesser de lire avant de savoir ce qui se passe vraiment. L'action se passe autour de quelques pâtés de maisons, les mêmes rues apparaissent continuellement, on ne perd pas ses repères. Les flashbacks sont utilisés avec brio sans détails inutiles qui pourraient nuire au rythme du roman.

Je suis une légende est un classique de la science-fiction. Je l'ai compris bien avant la fin du livre!

Acheter ce livre.

6 commentaires:

  1. J'ai lu ce livre il y a près de 10 ans déjà. D'un seul trait lors d'un voyage en autobus à Montréal. Un excellent livre. D'ailleurs quand j'ai écouté la version avec Will Smith tout comme toi j'ai comparé malgré toutes les différences j'avais quand même aimé le film. En effet, comme toi je pense que le livre est bel et bien un excellent classique de la science-fiction. Et personnellement je n'aime pas normalement la science-fiction alors c'est dire comme le livre est excellent!

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  2. Excellent choix de lecture, Benoît. Je te félicite là-dessus. Merci de partager au monde ces belles oeuvres de fiction.

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  3. Ça me fait plaisir. Et merci de me le dire!

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  4. Vous voulez voir un autre parallèle? Lisez I, Robot puis regardez le film (un autre avec Will Smith), et vous constaterez plusieurs faits, mais surtout celui-ci: le film et le livre sont à 95% différents. Le 5% restant concerne les lois de la robotique, le côté futuriste, le nom d'un personnage, et il y a des robots... sinon, c'est le même fichu script que Roger Rabbit, mais avec des androïdes à la place des dessins animés.

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  5. Je passe souvent par dessus ce roman en librairie, car je n'ai pas aimé particulièrement le film qui étai du déjà vu selon moi. Par contre ta critique a réussie à me convaincre de lui laisser une chance!

    Il est toujours intéressant de faire des parallèles entre un livre et le film qui en est tiré. Voir les différentes interprétations, la façon dont le réal s'approprie l'oeuvre. Par contre l'exercice est souvent plus souffrant qu'autre chose!

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  6. Je suis on ne peut plus d'accord avec toi pour la souffrance de l'exercice... le film n'est qu'une machine à sous pour les studios car s'ils voulaient rendre hommage aux écrits de l'auteur, ils n'auraient eu qu'à transposer ses livres en format script et les tourner tels quels. Aujourd'hui, un scénario doit répondre à une demande dans tel ou tel domaine, passer les censeurs, les réécritures multiples, parfois changer de studio qui reprend tout à zéro, etc. C'est une business qui tue plus souvent qu'autrement les oeuvres originales, ou plutôt qui nous pointe en leurs directions pour décider de nous-mêmes quelle version est notre favorite.

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