lundi 19 avril 2010

L'Ordre du Jour - Edlef Köppen


Vous ne devriez pas tenir ce livre en main.

Roman sans lecteurs, interdit par les nazis en 1933, année de leur élection, L’ordre du Jour a été condamné au silence depuis soixante-treize ans. Ce livre figurait en tête de la « Liste des produits littéraires nocifs et indésirables » établie par les services de propagande du Reich.
(extrait du résumé)

En avez-vous assez des livres, films et histoires sur la Deuxième Guerre mondiale? On a décortiqué Hitler, Goering, Himmler, Goebbels, Denitz, Eva Braun et j’en passe. On a traité de long en large le génocide des juifs, l’opération Barbarossa (le viol du traité de non-agression Allemagne-Russie par les nazis), le jour J, la bataille d’Angleterre, etc.

Mais on a oublié les 10 millions de morts dans les tranchées et les 20 millions d’invalides de 1914-1918.(merci Wikipédia)

Pour ma part, je suis blasé de la 2e guerre. J’ai joué à Medal of Honor et Call of Duty. J’ai regardé Il faut sauver le soldat Ryan (le meilleur film, à mon avis), le commando des Bâtards (pas aimé du tout), la série Band of Brothers (où on ridiculise les soldats allemands, à mon avis, juste pour raviver le patriotisme américain?).

Seul Le sentier de la gloire, film en noir et blanc de Stanley Kubrick, m’avait impressionné.

Dans l’Ordre du Jour, on suit le récit d’un volontaire allemand qui s’est enrôlé dès le début de la guerre. Tranchées, camaraderie (du no man’s land jusque dans les hôpitaux), canons, bombes à éclat, gaz moutarde, pour la première fois on lit la version d’un soldat allemand. Et Köppen est un pacifiste (ou l’est devenu après le conflit). L’histoire qu’il nous raconte est la sienne.

Ce qui m’a fait accrocher, ce sont les informations qu’on a tout au long du livre. Des avancées technologiques aux commentaires de l’empereur, du chancelier, du ministère de la censure, du commandant en chef, etc. Voici des exemples :

Différents faits récemment survenus rendent nécessaire de rappeler expressément que le colportage et la propagation d’annonces de victoire non vérifiées tombent sous le coup des dispositions pénales de la proclamation du 15 novembre 1914. Elles sont grandement susceptibles de jeter le trouble dans les esprits et d’ébranler la confiance dans le commandement suprême.(…)

Tout ordre doit être exécuté, autant que faire se peut, à la lettre. Si le soldat rencontre dans sa mission des difficultés, il ne doit pas se mettre en tête que l’ordre est inexécutable : il lui faut réfléchir au moyen de surmonter ces difficultés, en sorte d’atteindre au but de manière un peu différente. (…)(code de la justice militaire allemand)

La publication de récits de «scènes de fraternisation» entre ami et ennemi dans les tranchées n’est pas souhaitable. (direction générale de la censure)

C’est ainsi tout le long du livre, entrecoupé du récit. On comprend très bien la propagande et le lavage de cerveau. Et détrompez-vous, ce n’était pas plus beau dans l’autre camp. Par exemple, la bataille de la Somme, le haut commandement britannique a envoyé 57000 soldats à la mort en une journée. 442 000 morts ou disparus du 1er juillet 1916 au 18 novembre 1916 (encore merci Wikipédia!).

Si vous aimez les histoires de guerre. Je vous recommande ce livre. Historique en plus. Il y a une histoire autour de ce livre et vous pouvez l'acheter ici!

6 commentaires:

  1. Wow... on sent vraiment ta passion sur la Seconde Guerre et ta manie de fouiller les détails lorsque ça importe :)

    J'avoue que tu m'as donné le goût de lire ce livre.

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  2. Ça te surprend? ;-) Merci de m'avoir faire connaître ce film de Kubrick.

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  3. Interessant, je vais essayer de trouver ça...

    La "grande guerre" m'a toujours fait froid dans le dos...

    A propos de "La publication de récits de «scènes de fraternisation» entre ami et ennemi", voir le film Français "Joyeux Noël"... j'en traite aussi dans ma nouvelle "Dans l'antre du dragon" (Alibis 33), qui se déroule en 1917 pendant l'épisode sanglant (comme le sont toutes les batailles de cette guerre là) de l'offensive Nivelle sur le Chemin des Dames...

    Pour m'être plongé dans tout ça, je dois dire que j'ai une haute estime de ces papis vétérans...

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  4. C'est dans ce temps-là que je suis contente d'avoir étudié en histoire. J'ai pu avoir accès à plusieurs témoignages, à peu près non édités, de ce genre.

    Celui qui m'avait le plus touchée, c'était le journal intime d'un jeune SS qui avait été forcé d'agir à causes de menaces exercées sur sa famille. On voyait de première main à quel point un homme tout à fait ordinaire pouvait poser des actes d'une cruauté incroyable juste pour éviter que ceux qu'il aime ne souffrent du même genre de traitement.

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  5. J'avais trouvé, voilà quelques années, 3 des 5 tomes de la collection « témoins de l'histoire » de l'historien Pierre Vallaud. En plus de raconter l'histoire de la 2e guerre mondiale, il y a des photos inédites, des lettres d'époque, des rapports, etc.

    Il me manque le premier tome, mais je ne suis pas prêt à payer 100$ sur Amazon pour l'obtenir.

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  6. j'ai fini ce livre hier et je ressens encore la claque qu'il m'a procuré dans le visage.. je ne saurais en parler pour le moment, c'est trop neuf dans mon esprit, mais quel bouquin, quel bouquin... sinon au niveau des films sur la première guerre mondiale: "le crépuscule des aigles" de 1970, histoire d'un aviateur allemand. "Johny gots his guns" l'histoire d'un mutilé qui sombre dans la folie et bien entendu "a l'ouest rien de nouveau" version de 1979 et de 1930, chacune à ses qualités propres meme si j'ai un petit faible pour celle de 1930. Voilà c'est ces films que je recommande particulièrement quand on me demande mon avis ( + sentier de la gloire déja cité). Bien à vous

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