lundi 1 août 2016

À tous les capitaines!

La décision m'a déchiré le cœur, mais je n'ai pas eu le choix, j'ai abdiqué à ramener une équipe de dek et ne reviendrai pas cet hiver comme capitaine. J'ai donc accepté de me joindre à une équipe qui m'avait demandé ma disponibilité.

Les recherches des trois dernières années peuvent se résumer à chercher des joueurs pour combler les départs et courir après des chandails pour la prochaine saison.

Je continuais les fonctions de capitaine parce que je voulais jouer avec des coéquipiers avec qui je jouais depuis plusieurs saisons et que j'appréciais. J'avais décidé de mettre les efforts nécessaires pour trouver des joueurs réguliers, et j'avais réussi, mais malheureusement, des départs et des empêchements ont déboulé les uns après les autres.

Pour diverses raisons propres à chacun, la vie étant constituée d’imprévues et de choix, trois joueurs ne pouvaient pas ou ne voulaient pas revenir avec l'équipe. Remplacer autant de joueurs à chaque année, c'est presque miraculeux. Tu as un beau noyau, mais toujours chercher des nouveaux joueurs c'est du sport.

Plus de sport que le sport en tant que tel.

Trois joueurs était ce que j'avais remplacé la saison dernière et que je devais encore combler cette année. Cela devenait difficile et compliqué voire impossible car il y a de moins en moins de bons joueurs disponibles et plus en plus d'équipes qui en veulent.

Dans le calibre dans lequel je voulais m'inscrire, pas question d'avoir des recrues qui ne savent pas quoi faire avec une balle et un bâton. Et ça ne me motive pas d'être coéquipier de joueurs qui apprennent à jouer.

À 42 ans dans quelques semaines, je me dis que je n'ai plus le temps à espérer les victoires.

Être capitaine, c'est accepter de chercher seul des joueurs réguliers qui se joindront à l'équipe dans l'espoir qu'une chimie opérera entre les anciens et les nouveaux. Il faut trouver quelqu'un qui se présente, qui paie et qui sait jouer. C'est pas si facile que ça.

Être capitaine, c'est accepter de demander à des gars qui ont consenti de remplacer, mais qui décline ton offre quand tu as besoin de leur service ce qui t'oblige à prendre n'importe qui ou de jouer la partie à 4-5 joueurs.

Être capitaine, c'est de faire confiance aux gars pour qu'ils paient la saison dans les délais demandés. L'argent demeure une source de stress et d'éventuels conflits. C'est des milliers de dollars à gérer. Quand tu ne connais pas les gars depuis longtemps, la confiance est tacite, quoiqu'on ignore si le gars va se sauver après un match ou te niaiser avec les paiements.

J'envie ces équipes qui sont ensembles depuis des années.

Être capitaine, c'est penser tout le temps à une façon de trouver des joueurs qui amélioreront l'équipe.

Être capitaine, c'est pouvoir affronter calmement toutes les imprévues d'une saison.

Quand tu fais de la gestion d'équipe ou d'activités, tu ne dois pas compter les heures ni les efforts à faire pour que tout se passe bien.

C'est très exigeant être capitaine et je ne sais pas ce que j'ai fait ou n'a pas fait pour ne pas réussir à attirer des joueurs à joindre une équipe qui a terminé 22-11-3 et en septième place au classement général.

Peut-être qu'il ne faut pas se poser trop de questions dans ces cas-là.

Voilà quelques semaines, j'avais commencé à me questionner sur mon désir de continuer à être capitaine d'une équipe sachant tout ce que cela inclut comme travail. Poser la question était y répondre un peu. Je continuais parce que j'étais complet, tout simplement.

Peut-être qu'un jour je pourrai reconstituer une équipe et rapatrier mes joueurs.

Pour la prochaine saison, j'assisterai le capitaine et ce sera avec une nouvelle équipe que je vais essayer de les aider à gagner.

Je lève mon chapeau à tous les capitaines peu importe leur activité!

samedi 23 juillet 2016

Jouer dans les calibres plus forts

Cet été, j'ai accepté de jouer dans deux équipe de dekhockey. Une dans le c2 à Charny et l'autre dans le c3 à Chauveau.

Un sport d'équipe

La première équipe avait du potentiel, mais elle vit une saison rocambolesque avec le gardien régulier qui se sauve après le premier match sans jamais redonner de nouvelles, un joueur qui avoue que ça ne lui tente pas vraiment de jouer au dek, un autre qui ne revient pas parce qu'il est fâché et un taux d'absentéisme qui ferait rager n'importe quel employeur!

La seconde équipe est composée pour la plupart de joueurs débutants. Dans ce cas-ci, le hasard faisant très mal les choses, le calendrier de l'équipe nous a donné la chance d'affronter deux fois les trois équipes de tête lors des douze premiers matchs. Il y en a une qui est trop forte pour la catégorie comme c'est presque toujours le cas à chaque saison, les autres, l'effort était louable.

Ça m'a permis de constater que le dek est vraiment un sport d'équipe et qu'à part à de rares occasions où un joueur fait l'équipe à lui seul, quoique cela a ses limites, si personne est capable de réceptionner tes passes, de compléter tes jeux, ne court pas (par paresse ou parce qu'il ignore quoi faire sur le jeu), lance trop souvent à côté du but, tu as beau te casser le pompon à chercher des solutions, rien n'y fait.

Bien sûr, certains ont du potentiel pour devenir meilleurs, mais pour d'autres, on oublie ça!

Cet été, en remplaçant dans des calibres plus forts, alors que tous les joueurs savent jouer, ça aide à bâtir la confiance et même si le jeu est plus rapide et intense, ça demeure plus intéressant que de jouer D ou c3 avec des recrues.

La motivation et les performances, points et jeu en général, sont influencés par ces remplacements.

À deux reprises, j'ai remplacé dans le D à Charny et je ne crois plus y retourner. Ça ne court pas, ça ne sait pas où se placer, les joueurs ne te donnent pas d'options pour faire une passe, l'autre équipe joue mou. Bref, c'est plate.

Deuxième saison pour équipe Postes Canada

Pour la saison automne-hiver 2016-2017, j'avais deux joueurs à remplacer avec mon équipe de c2 à Chauveau. Le meilleur marqueur et l'autre défenseur avaient quitté. Hormis ces départs, tout le monde revenait et je voulais jouer avec eux, j'aime l'équipe et j'avais réussi à instaurer une mentalité sans stress de gagner et performer à tout prix. Je veux juste être compétitif, pas vivre la fin de la saison passée pendant toute la saison ce qui m'aurait découragé et même si ce n'est qu'un jeu, tu veux avoir une chance de gagner à chaque match.

J'étais incertain de refaire l'équipe parce que je savais que les remplaçants que je connais refuseraient tous d'être régulier, je n'ai demandé à aucun d'entre eux et je n'avais rencontré personne durant l'été qui cherchait une équipe et qui pouvait évoluer c2.

Un ami m'a référé un défenseur et ce dernier s'est joint à nous. Il me restait à trouver ce fameux joueur offensif parce que c'est cela qui manquait à l'équipe pour qu'elle soit compétitive.

J'ai écrit un premier message probablement trop strict dans un groupe de remplaçants de dekhockey et je n'ai reçu aucune réponse. Je me demandais vraiment si j'allais revenir en tant que capitaine ou simplement me joindre à une équipe comme joueur. J'en ai rédigé un autre et cela m'a amené quelques candidats. J'ai pu compléter mon équipe.

J'ai travaillé fort l'été passé pour obtenir des chandails. Je ne croyais pas que mon employeur accepterait. Maintenant que je les ai, que je n'ai plus à courir après chaque saison, il faut bien les user un peu!

mercredi 13 juillet 2016

Test : Pokémon GO

Même s'il n'est pas officiellement disponible au Canada, il suffit de quelques entourloupettes du beau-fils pour installer ce jeu dans mon cellulaire.

J'étais curieux de l'essayer parce qu'à l'époque où les pokémon ont commencé à être connu, j'avais bien aimé le petit jeu sur Gameboy. Je voulais savoir si, vingt ans plus tard, il y aurait un second engouement pour ces petites bêtes.

Le jeu

Après avoir crée votre personnage et rencontré le professeur, vous voilà prêt à partir à l'aventure. Votre personnage apparaît à l'endroit où vous êtes situé physiquement et vous voyez la carte du quartier qui vous révèle s'il y a un pokéstop ou une arène dans le coin.

Le jeu est très simple. Vous vous promenez n'importe où en vous laissant guider par le radar pokémon du jeu. En bas à droite de l'écran, ce radar permet de savoir quel pokémon est le plus proche. Si vous ne l'avez pas capturé, vous voyez son ombre, sinon vous le voyez en couleur.

L'écran indique les trois plus proches, mais en appuyant sur cet onglet, une fenêtre s'ouvre et vous révèle une dizaine de pokémon à proximité s'il y a lieu.

Le nombre de traces de pattes sous le dessin vous aide à savoir lequel est le plus proche. Si vous avez trois pattes, le pokémon est assez loin, si vous en avez deux, il est plus proche et ainsi de suite. Quand il n'y a pas de trace, le pokémon apparaît quelque part autour de vous. Vous vous promenez et lorsque votre cellulaire vibre, un pokémon est là!

C'est un cercle qui s'agrandit et se rapetisse sans cesse sous vos pieds qui délimite la zone de contact pokémon. C'est dans cette zone que vous pouvez en capturer un. S'il est à l'extérieur, vous pouvez cliquer dessus et essayer d'amorcer le combat. Quand un pokémon surgit à l'écran, vous cliquez sur lui et la capture commence.

Capturer un pokémon est assez simple. Les pokéballs sont au bas de l'écran et vous devez les faire glisser à la bonne distance du pokémon pour que la balle s'ouvre et le capture. Puisque je commence, c'était assez rare que les pokémon faibles réussissaient à sortir de la balle, mais si ça suit la logique du jeu, plus fort seront les pokémons, plus de pokéballs vous devrez utiliser.

Le jeu vous oblige à marcher autant pour gagner une médaille que pour faire éclore un œuf dans l'incubateur.

S'il y a des feuilles qui tournoient proche d'un immeuble par exemple, c'est qu'un pokémon s'y cache. Probablement celui qui a le moins de traces de pattes dans votre radar.

Les pokéstops sont pour la plupart des monuments réels qui vous permet de vous approvisionner en pokéballs, potions et objets utiles. Il suffit de vous y diriger et de cliquer sur le rond bleu de la forme d'une pokéball que votre approche aura crée (au loin, ils ont la forme d'un carré bleu). Vous glissez votre doigt à l'écran pour faire tourner le centre du rond et vous appuyez sur l'écran pour prendre les objets qui en sortent. Vous pouvez recommencer ce stratagème à chaque dix minutes.

Les arènes sont des lieux publics possédés par d'autres joueurs. Ils y laissent leurs meilleurs pokémon pour vous obliger à vous battre (et perdre) si vous aviez en tête de gagner l'arène. Je n'ai pas encore essayé parce que mes pokémon sont trop faibles et quand je me trouvais à proximité d'une arène, je n'avais pas le niveau 5 requis pour entrer.

Vous avez un bon topo. Pour le reste, je vous laisse découvrir!

Points négatifs


  1. Ce sont pas mal toujours les mêmes pokémon qui apparaissent et cela devient rapidement redondant. Même si votre radar indique un nouveau pokémon proche, je ne me suis pas assez promené pour le chercher pour la raison au point 2.
  2. Ça bouffe de la batterie et des datas. Pour quelqu'un qui a un forfait à données limitées, ce jeu peut tout gruger en quelques jours voir quelques heures.
  3. J'avais lu que l'environnement dans lequel nous marchions influençait les pokémon qui apparaissent. J'ai marché le long de la rivière Saint-Charles, dans un parc et dans la rue et je ne trouve pas vraiment que ça a été le cas.
  4. Est-ce que je veux vraiment me transformer en zombie du cellulaire et traquer les pokémon et aller aux pokéstop le reste de mes temps libres? 
  5. Comme les jeux sur Gameboy, ça aurait été intéressant d'affronter des dresseurs virtuels au lieu de seulement des humains. Comme n'importe quel jeu, des maniaques vont se créer des équipes imbattables pour garder leur arène.

Est-ce que ce jeu va créer un engouement, une folie? Oui, sans aucun doute. Il y a déjà quelques histoires louches autour de Pokémon GO (une fille qui trouve un cadavre, un homme qui attendait les jeunes au pokéstop ou un accident automobile avec un piéton qui n'a pas regardé avant de traverser la rue).

On n'a pas fini d'entendre parler d'événements bizarres reliés à Pokémon GO.

Comme mentionné au point 5, est-ce que je désire vraiment virer zombie du cellulaire? La réponse est non. J'ai bien aimé l'essayer et il serait facile de devenir accro. Heureusement pour moi, mon forfait ne me le permet pas et je vais faire autre chose de ma vie!

dimanche 3 juillet 2016

Personne aime les négos

En moyenne, à chaque 4-5 ans, une convention collective est échue et à renégocier.

Dans une organisation comme le STTP, qui représente des dizaines de milliers de travailleurs et de travailleuses, même si un processus de votes et de congrès est utilisé pour amener les demandes des sections locales à la table des négos, en réalité, ses membres sont, bien malgré eux, déconnectés de celle-ci.

Tout ceci se passe très loin et seules les informations émises par l'employeur ou par le syndicat dans les médias ou les sites Internet de chacun rejoignent les employés concernés. À l'ère de l'Internet, c'est une belle façon de communiquer rapidement avec ses membres et les réseaux sociaux permettent d'alimenter des débats sur une dernière offre ou contre-offre.

Ces personnes vous mentiraient de vous dire qu'une négociation ne les angoissent pas. De ne pas savoir si nous allons travailler la semaine complète, c'est stressant. Et nous n'avons pas le choix, ces directives viennent d'Ottawa, bien éloigné des planchers de travail.

Dans la négociation actuelle, les deux parties semblent vouloir trouver un accord mutuel et non pas déclencher un conflit de travail qui ferait très mal à l'entreprise. L'erreur serait de tirer la couverte de son bord et d'être borné à ne pas céder, à être trop gourmand dans ses revendications.

Le petit peuple, qui aimerait que tout le monde soit au salaire minimum, est jaloux des conditions de travail des employés de Postes Canada et nous traite de tous les noms. Cherchez pas pourquoi le Québec est riche en pauvre et pauvre en riche. D'ailleurs, je vous le confirme, mon salaire étant bouffé à moitié par les deux paliers de gouvernement, je suis loin d'être riche.

Oui, facteur est un job en voie de disparation ou plutôt de transformation. Comme les chauffeurs de taxi, les journalistes, les vendeurs de maison et les agents de voyage. Sans complètement disparaître, Internet transforme ces métiers.

Loin d'être contre les changements technologiques, je me demande comment une société peut survivre quand seul les métiers du cerveau et des connaissances seront disponibles. Tout le monde n'a pas la capacité d'être avocat, médecin ou scientifique et de faire de longues études universitaires. En contrepartie, tout le monde n'a pas la dextérité d'être électricien, plombier ou entrepreneur général.

Pour l'avoir vécu, les sections locales qui sont au front n'ont aucune réponse à fournir aux membres inquiets. Aucun courriel, fax ou appel téléphonique est acheminé aux présidents pour leurs expliquer la situation. Ces gens connaissent la même chose que vous via les mêmes sources d'informations, c'est-à-dire les médias et les sites Internet.

En 2016, dans une société individualiste, il faut arrêter de croire que la population sera de notre bord. L'important serait de contacter les médias pour qu'ils cessent l'utilisation à outrance du mot grève et inclure aussi lock-out afin de donner la vraie information. Je ne dis pas de prendre pour l'un ou pour l'autre, mais dans sa neutralité, le journaliste doit écrire les offres et les actions des deux parties.

En 2011, alors membre de l'exécutif local, j'ai écris à un éditorialiste du journal les affaires pour qu'il corrige des affirmations complètement erronées.

D'ailleurs, quand tu rencontres la personne qui a vécu la situation décrite dans un article de journal, cette personne affirme souvent que ça a été rapporté tout croche et ce qui est relaté n'est pas ce qui s'est passé.

Combien de fois croyons-nous un article rempli de faussetés et publié par nos bons journalistes? Je déteste les mensonges et les menteurs!

mardi 28 juin 2016

Qu'est-ce qu'un mandat de grève?

La question peut sembler simple, mais les médias autant que la population ne font pas la différence entre obtenir un mandat de grève et déclencher une grève.

Voici les résultats du vote des unités urbaines et rurales. Bizarrement, l'unité rurale a 3% de moins que l'urbaine et ce sont eux que le syndicat cherche à ramener le plus proche que possible des avantages et du salaire des membres de l'unité urbaine.

Je comprends la cause, ces gens font le même travail que moi et dans des conditions pas toujours évidentes comme l'hiver, les mauvaises conditions routières dues à un déneigement médiocre.

Quoi qu'il en soit, les médias mélangent grève et mandat de grève.

Le syndicat a demandé et obtenu de ses membres un mandat de grève fort afin de mettre plus de poids dans la balance des négociations. Ce vote indique au syndicat National que leurs membres des deux unités de négociations sont prêts à aller en grève pour garder certains acquis et faire des gains, par exemple, sur les conditions de travail et le salaire.

Là où le monde mêle tout est que le mandat ne se conclut pas obligatoirement par une grève. Si les deux parties négocient, elles n'ont aucune raison de déclencher une grève ou un lock out.

La définition est simple : un mandat de grève donne le droit au syndicat National de déclencher une grève s'il en juge nécessaire. Cela ne veut pas dire que ça va arriver.

Et comme tout le monde, je ne souhaite pas un conflit de travail. Juste les rumeurs ont fait assez mal à Postes Canada.

lundi 27 juin 2016

Possibilité d'un conflit de travail à Postes Canada : deux philosophies différentes

Ne vous trompez pas, je ne vous parle pas de l'employeur ni du syndicat, mais des milliers de gens qui sont en cause : les employé(e)s.

En 2011, j'étais l'un des deux membres du comité de grève de la section locale de Québec. En 2016, je ne travaille plus avec l'exécutif ce qui me permet de mieux observer et écouter les commentaires des gens.

En 2016, j'ai constaté qu'il y a 2 pensées distinctes. La première est celle qu'ils ont tout perdu en 2011 et qu'il faut signer immédiatement la première offre globale parce qu'on a obtenu moins en refusant la première offre de 2011. La deuxième est celle qu'ils ont souvenir de 2011 et se reprendront en 2016.

Dans les deux cas il ne faut pas tomber dans les excès, éviter de signer n'importe quoi et éviter de ne rien céder sous prétexte de "plus aucun recul".

Cela peut paraître méchant, mais je ne veux pas faire les frais des revendications des FFRS. Chacun son combat.

Il y a plusieurs points en litige dont voici l'énumération du syndicat et voici l'offre de l'employeur pour l'urbain et les FFRS.

Des retraités nous font la morale avec les grèves des années 80 et la dernière de 1997 en précisant qu'ils se sont battus pour garder leurs acquis, faire des gains et qu'ils feront pareil si Postes Canada décide de toucher à leur fond de pension. Cependant, ils constateront bien vite que ça ne sera pas un combat facile et que si l'employeur décide de changer quelque chose, renverser la tendance sera complexe. 

Je leur souhaite bonne chance si cela devait arriver.

En 2016, près de 20 ans après la dernière grève (2011 était un lock out), la réalité a bien changée et les retraités ne semblent pas s'en rendre compte.

Penser que tout le monde est capable d'accumuler plusieurs mois de salaire au cas où un conflit de travail surviendrait est une déconnexion totale de la réalité. Les canadiens et les québécois sont endettés plus que jamais et plusieurs vivent avec l'attente de la prochaine paie.

L'Internet est l'alternative parfaite à la poste-lettre, les compagnies rivales peuvent livrer les colis de Postes Canada même si celui-ci est le plus grand distributeur de colis au pays et tant que les anciennes nominations conservatrices seront à la direction, le carnage postal continuera.

Mais attention, un gouvernement libéral ne veut pas dire qu'il accordera tous les privilèges aux syndiqués. Déjà qu'il recule avec leur promesse du rétablissement de la livraison à domicile aux endroits dont les boîtes postales communautaires ont été installées, cela n'augure rien de bon.

La consultation publique est une grande mascarade pour mieux faire passer que Postes Canada n'est pas rentable (ce qui est faux, 18 années d'excédents en 20 ans). Spécifions que les personnes âgées, par exemple, dont le système postal est très important, n'iront pas écrire leur avis sur le site Internet de la consultation

Est-ce que ce même gouvernement laisse aller la négociation et un éventuel conflit de travail pour trouver sa raison de congédier Deepak Chopra qui a refusé de démissionner à la demande du gouvernement libéral et dont le contrat a été renouvelé jusqu'en 2020 par les conservateurs? 

La politique n'a pas de cœur et tout ce qui se passe est hautement politique. Ça peut être une hypothèse.

Malheureusement, ce n'est pas moi qui voit le fruit de mes efforts récompensés puisque la fameuse p.r.é (prime de rendement d'équipe) instaurée par Moya Greene, ancienne PDG de Postes Canada, n'est plus distribuée aux employé(e)s depuis plusieurs années tandis que les hauts-dirigeants continuent à bénéficier de salaire dans les six chiffres plus leurs primes.

Sans les membres du STTP qui distribuent le courrier et offrent un service personnalisé à chaque client (enfin, moi je le fais), comment ces mêmes dirigeants feraient pour recevoir leurs primes? Pourquoi un pourcentage d'augmentation de salaire aussi bas? 

Je le réécris, en 2016, un conflit de travail ferait très mal à Postes Canada qui aurait beaucoup de difficulté à s'en remettre. J'espère que les deux parties sont conscientes que ce n'est pas la solution. Qu'ils négocient et ça prendra le temps que ça prendra.

Est-ce qu'un conflit prépare le chemin pour une éventuelle privatisation? Encore là, pour vendre, il faut que le produit soit intéressant et non pas en morceaux.

Le 2 juillet, les deux parties auront l'opportunité de déclencher une grève ou un lock out.


lundi 20 juin 2016

Mon avis sur l'éventualité d'un conflit de travail

Depuis fin 2015, Postes Canada et le syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) négocient une nouvelle convention collective.

Les demandes de l'employeur sont presque de réécrire la convention collective actuelle et d'éliminer toutes sortes d'avantages acquises au fil des années de négociation.

De son côté, le syndicat désire amener la convention collective des facteurs et factrices ruraux et suburbains (ffrs) proche de celle des urbains autant en salaire qu'en avantage de toutes sortes, garder des acquis et ajouter certains points importants à ses membres (tous refusés par l'employeur).

Les urbains sont les facteurs à pied en ville et les ffrs sont les facteurs qui utilisent leur véhicule pour distribuer le courrier dans les zones rurales.

Les deux parties voit la réalité autrement. Il y a Postes Canada qui croit que le travail de facteur est facile et qu'il peut encore augmenter la tâche de travail de ses employés. Même si le jugement des gens est que le facteur termine sa route à midi, ce n'est qu'une question de temps pour que le corps, soumis à toutes les températures extérieures, aux poids des circulaires et des colis dont les volumes augmentent constamment et l'âge, commence à faire apparaître diverses blessures.

Je ne crois pas que la convention collective des ffrs rejoindra un jour entièrement celle des urbains. Jamais l'employeur n'acceptera cela. Et si cela arrive, j'espère que ces membres paieront les mêmes cotisations syndicales mensuelles que les urbains. Il ne peut pas y avoir que des avantages à vouloir s'inspirer des facteurs urbains.

J'espère que l'argent n'est pas la motivation cachée du syndicat.

Postes Canada ne semble pas voir les alternatives pour augmenter et diversifier ses revenus. Il n'a qu'une seule idée en tête et c'est de couper par attrition son nombre d'employés et leurs avantages. Aucune nouvelle source de revenus n'est explorée.

Le gouvernement actuel, comme tous les gouvernements, va sûrement renier sa promesse de maintenir la livraison à la porte. Il va simplement agir différemment. Il a mit en place un comité de consultation pour les canadiens qui veulent répondre à la question hebdomadaire sur l'avenir de Postes Canada.

Quoi qu'il en soit, en 2016, un conflit de travail nuirait considérablement à l'entreprise et ça, j'espère que les deux parties en sont conscientes. Il y a tellement d'alternative à la poste-lettre ou à la livraison de colis qu'il sera pénible de regagner une fois de plus la confiance des canadiens puisqu'on passerait pour des bébés gâtés toujours en grève sans que ces mêmes canadiens sachent vraiment la réalité quotidienne.

Le temps de se remettre compétitif et la prochaine convention serait échue et le pattern recommencerait.

Je ne dis pas qu'il faut garder le statu quo, ça serait renier l'évidence que la poste est en plein changement, mais est-ce que les deux parties tentent vraiment de trouver une alternative avantageuse pour chacune ou tirent-elles la couverte de son bord en restant sur ses positions?

Malheureusement, rien ne sort de ces rencontres et les prochaines informations seront celles pour voter au sujet d'une entente de principe ou d'un retour au travail forcé malgré la loi qui invalide ceci.